Redevance radio-TV

Votation: «No Billag», un mauvais calcul

La FRC ne soutient pas l’initiative votée en mars 2018: cela reviendrait plus cher au final et avec des contenus appauvris.
Argent

Archive · 05 décembre 2017

Photo: LHC

La FRC s’oppose à l’initiative populaire «No Billag». La suppression de la redevance pourrait donner l’impression d’économiser de l’argent (451 fr. 10 aujourd’hui, 365 fr. dès 2019). Or il n’en est rien. Aux yeux de la FRC, le contenu proposé offre un bon rapport qualité/prix et une diversité d’émissions dans laquelle la majorité de la population peut se retrouver, comme le prouvent les audiences. Si des chaînes privées souhaitaient offrir le même contenu, les comparaisons avec l’étranger montrent que les émissions seraient bien plus souvent entrecoupées de publicité. Et surtout, le prix serait nettement plus élevé.

A titre d’exemple, la surenchère des droits sportifs en Suisse conduit aujourd’hui à devoir changer d’opérateur si l’on souhaite suivre les championnats nationaux et grandes compétitions de hockey et de football. Et ce pour un tarif situé entre 20 fr. et 25 fr. par mois, soit seulement un peu moins que le prix de la redevance – mais pour une partie des disciplines sportives seulement. Obtenir la même diversité de contenus forcerait donc le consommateur à s’abonner à plusieurs services différents avec une facture finale bien plus élevée qu’aujourd’hui.

Informations non rentables mais indispensables

Par ailleurs, la qualité de l’information a fondamentalement besoin de médias privés non liés à l’Etat et d’un média public libre des pressions économiques. La Suisse romande serait particulièrement touchée par un affaiblissement de cet équilibre puisque la majorité des radios et télévisions locales touchent une part de la redevance et ne pourraient plus survivre sans elle. Le bassin de population n’est simplement pas suffisant pour offrir une telle diversité sans soutien public. L’information régionale aurait ainsi tendance à diminuer au profit de décisions prises à Berne ou à Zurich, voire à l’étranger. Enfin, il est nécessaire de conserver la notion actuelle de service public pour que les informations importantes mais non rentables continuent d’être produites pour la population.

Sans donner carte blanche à la SSR, il est clair que le choix de supprimer la redevance est un mauvais calcul et implique trop de risques. La FRC recommande de voter non à «No Billag» pour éviter une privatisation totale des contenus qui renchérirait leur prix et provoquerait un appauvrissement de l’information, en particulier en Suisse romande.

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