Protection des données

Vie privée: ces applications qui vous vendent au plus offrant

Grindr, Tinder ou MyDays font mauvais usage des informations qu’elles collectent. La FRC a interpellé le Préposé fédéral à la protection des données.
Maison et loisirs

Archive · 28 janvier 2020

Notre consoeur Forbrukerrådet, organisation de défense des consommateurs en Norvège, a mené une vaste enquête sur les pratiques très discutables de dix applications populaires. Sont notamment concernées Tinder et Grindr (dédiées aux rencontres) ou MyDays et Period Tracker Clue (suivi de fertilité). Des programmes pour enfant sont aussi concernés. L’étude «Out of Control» porte bien son nom, puisqu’elle a démontré que ces applications transmettent à de nombreuses entreprises tierces les informations qu’elles collectent sans consentement explicite des usagers, notamment à des fins de marketing.

Non-transparence crasse

Concrètement, des data brokers, comme on les nomme dans le jargon, achètent des données auprès de sources variées. Elles créent ainsi des profils extrêmement fins et les revendent au plus offrant. Même s’il s’agit souvent de contenus rendus anonymes ou sous pseudonyme, l’identifiant personnel est inclus dans le lot. Le particulier reste parfaitement reconnaissable via la signature électronique de son appareil.

L’entreprise n’a ensuite plus qu’à croiser les données pour obtenir une vue d’ensemble complète de chacun: géolocalisation 24h/24 du consommateur, ses nom, adresse, préférences sexuelles, habitudes de consommation, centres d’intérêt, etc. Tout est dit, l’utilisateur se retrouve jeté en pâture à son insu (voir infographie).

Comment cela se peut-il? Les conditions générales de ces applications sont opaques et lacunaires, l’utilisateur est donc dans l’impossibilité de savoir ce qui sera fait de ses données. Nos homologues norvégiens, soutenus par une vingtaine d’organisations, ont donc porté plainte pour violation de la loi européenne (RGPD).

S’associant à la démarche pour la Suisse, la FRC a écrit au Préposé fédéral à la protection des données pour que la situation soit analysée selon le droit helvétique et que d’éventuelles mesures soient prises. Rappelons encore que le Conseil national doit confirmer s’il considère que le profilage – collecte organisée à large échelle dans le but de prédire un comportement – ne nécessite pas un consentement explicite du consommateur.

Conseils: limiter le suivi publicitaire

Forbrukerrådet a démontré que les entreprises de marketing parviennent souvent à contourner la volonté de refuser les pubs personnalisées. Il n’empêche, régler son appareil reste pour l’heure la seule manière de tenter de préverser votre vie privée. Marche à suivre.

IPHONE | Allez dans «Réglages», puis «Confidentialité», «Publicité» et activez le «suivi publicitaire limité». Il est possible de réinitialiser l’identifiant publicitaire.

ANDROID | Allez dans «Paramètres», puis «Google», «Annonces» et désactivez la personnalisation des annonces. Vous pouvez aussi réinitialiser l’identifiant publicitaire.

Fausses actions
Conforama passe à la caisse

12 mois d'enquête et 6 ans de procédure judiciaire. L'enseigne versera 1,5 million à la collectivité pour des fausses promotions repérées et dénoncées par la FRC.
SI

Continuer ma lecture

Sucreries aux caisses - hero

Sucreries aux caisses

99% des aliments pour enfants vendus aux caisses sont déconseillés par l’OMS

Les caisses des supermarchés exposent massivement les consommateurs, en particulier les enfants, à des produits malsains. La FRC a analysé plus de 2500 denrées situées près des sorties de 30 magasins en Suisse romande. Face à l’augmentation préoccupante du surpoids et de l’obésité chez les jeunes, il est urgent de prendre des mesures afin de modifier ce marketing irresponsable.
04 mars 2026 Sucreries aux caisses, stop!
Conforama

Prix barrés

1,5 million de francs pour de fausses actions: les dessous d'une saga judiciaire

Le public suisse est friand d'actions et d'offres promotionnelles, d'autant plus qu'elles sont fréquentes. Ce qu'il ignore souvent, c'est qu'elles sont peu régulées. Mais quand elles se révèlent fausses, elles deviennent aussi l'une des sources principales de plaintes à la FRC. Au point de pousser l'association à enquêter dès 2016 pour mettre fin à ces pratiques. Un effort qui aboutit à une condamnation de Conforama, sur le point de verser un montant historique de 1,5 million de francs à l'État de Vaud pour compenser les gains indus réalisés via des promotions trompeuses. À l'occasion du 15 mars, la Journée des droits des consommateurs, la FRC raconte les coulisses d'une saga judiciaire inattendue de plus de dix ans et pleine de rebondissements.
14 mars 2026 Fausses actions