Dépistage

Test VIH à domicile trop facile d’accès et dangereux

En Suisse, la vente aux particuliers de matériel de diagnostic de maladies transmissibles n’est pas autorisée. Pour autant, les sites internet n’en tiennent nullement compte. Enquête.
Santé Médicaments

Archive · 26 mars 2013, Mis à jour le 06 juillet 2018

Photo: Sébastien Féval

Autotests finalement autorisés

Juin 2018: Depuis mi-juin, les tests de dépis-tage du VIH pour usage personnel s’achètent en Suisse, notamment en droguerie et pharmacie. L’Office fédéral de la santé publique espère qu’un accès simplifié aux tests incitera au dépistage, comme l’expérience l’a montré ailleurs. En effet,certains ignorent leur séropositivité. En Suisse, ils représenteraient un cinquième des personnes infectées. L’OFSP fait donc volte-face. En2013, elle émettait de gros doutes sur la fiabilité de ces tests, et insistait sur la nécessité de bénéficier de conseils et d’encadrement professionnels, en particulier dans le cas d’un résultat positif.

Avec l’avènement d’internet, les sites qui commercialisent des autodiagnostics médicaux (glycémie, cholestérol, infection urinaire, etc.) suscitent un réel engouement auprès du grand public, qui n’a plus besoin de sortir de chez lui. Une partie des autorités européennes s’en méfient, en particulier en ce qui concerne les autotests de dépistage du virus de l’immunodéficience humaine (VIH), émettant des réserves aussi bien sur leur fiabilité qu’en matière de santé publique voire éthique. Comme laisser une personne découvrir seule qu’elle serait séropositive… Pis: il pourrait s’agir d’un résultat erroné, car effectué, par exemple, trop tôt!

L’OFSP très sceptique

La FDA, l’Agence américaine des médicaments, a autorisé en juillet 2012 la vente dans les pharmacies d’un autotest salivaire nommé OraQuick in-Home, déjà en vente libre sur le web. Pour son fabricant, OraSure Technologies, ce produit permet de détecter la présence du VIH dans 92% des cas. En revanche, toujours selon ce dernier, l’autotest est fiable à 99% lorsque la personne est séronégative. Des chiffres sur lesquels l’Office fédéral de la santé publique (OFSP) émet de gros doutes, insistant sur la nécessité de conseils et d’encadrement professionnels en Suisse. Un avis partagé par la Commission fédérale pour la santé sexuelle, qui s’est prononcée le 13 mars à ce sujet.

Car, dans notre pays, cette pratique n’est pas autorisée, aussi bien sur internet que via les officines. Reste que les sites dédiés à ce business pullulent, basés le plus souvent outre-Atlantique, en Asie, en Ukraine, en Allemagne ou en Grande-Bretagne. La FRC, en partenariat avec l’OFSP, a voulu vérifier si un client suisse pouvait se procurer aisément un autotest VIH. Pour ce faire, huit de nos enquêteurs bénévoles ont joué les clients lambda et commandé à double ces produits sur une vingtaine de sites (en français, en anglais, en allemand et en italien) durant la période du 15 décembre 2012 au 11 janvier 2013. Le résultat est sans appel: sur les 40 commandes, 33 kits d’autodiagnostic ont été livrés, soit 82,5% de l’échantillon!

Pas de nationalité sur le net

Pour les sept produits manquant à l’appel, ce n’est aucunement la nationalité suisse du client qui a freiné le e-commerçant. Cinq commandes ont bien été encaissées par les sites, mais les colis ne sont jamais arrivés à destination, pour des raisons inconnues. Les demandes des enquêteurs sont restées lettre électronique morte. Enfin, deux commandes ont été impossibles à enregistrer sur le même site ukrainien. De nouveau, il ne s’agissait pas du passeport rouge à croix blanche qui posait un cas de conscience quelconque, mais tout bêtement un problème technique lié aux moyens de paiement. En conclusion, aucun des 20 sites sélectionnés par notre enquête n’a eu cure de respecter l’interdiction de livrer à un client privé suisse un autotest de dépistage VIH.

Fausses actions
Conforama passe à la caisse

12 mois d'enquête et 6 ans de procédure judiciaire. L'enseigne versera 1,5 million à la collectivité pour des fausses promotions repérées et dénoncées par la FRC.
SI

Continuer ma lecture

Sucreries aux caisses - hero

Sucreries aux caisses

99% des aliments pour enfants vendus aux caisses sont déconseillés par l’OMS

Les caisses des supermarchés exposent massivement les consommateurs, en particulier les enfants, à des produits malsains. La FRC a analysé plus de 2500 denrées situées près des sorties de 30 magasins en Suisse romande. Face à l’augmentation préoccupante du surpoids et de l’obésité chez les jeunes, il est urgent de prendre des mesures afin de modifier ce marketing irresponsable.
04 mars 2026 Sucreries aux caisses, stop!
Appel-eau-saine@Marc Bachmann

Société civile

Plus de 30'000 signatures pour l'appel à protéger l'eau potable

Le 30 mars, les organisations de l’Alliance «Eau propre – Suisse saine» ont remis à Berne 32'052 signatures pour l’appel eau saine. Cette pétition demande au Conseil fédéral et au Parlement de ne pas affaiblir davantage la protection des cours d’eau et de l’eau potable en Suisse, et d'agir concrètement pour la renforcer. 
01 avril 2026 Qualité de l'eau