Bien-être

Remise en forme: le tour des applications pour smartphone

Le nombre d’applications promettant un physique de rêve explose. Elles ne se valent pas. De plus, sans suivi régulier, la motivation s’envole et le risque de faux mouvements est bien réel.

Santé

Archive · 25 mars 2020

Le point faible de ces apps: le manque de personnalisation des programmes. Photo: shutterstock

Les applications de remise en forme sont légion, leurs spécificités tout autant. Il est donc tentant de se passer d’un coûteux abonnement de fitness. Une app permet un entraînement «à la carte», où et quand on le souhaite. Une fois quelques données personnelles saisies, elle donne accès à une véritable caverne d’Ali Baba de programmes sportifs pour se muscler, étirer différentes parties du corps, voire perdre du poids. Chaque séance est composée d’exercices et de mouvements présentés par une vidéo de démonstration. Une fois les séries terminées, l’application demande à l’utilisateur d’évaluer la session et de planifier la suivante. Un scénario parfait.

Malheureusement, la réalité n’est pas toujours alléchante. D’abord, plusieurs produits se contentent de demander le sexe, le poids et la taille. Or c’est insuffisant pour établir un programme personnalisé. Ensuite, les interfaces manquent de clarté, l’utilisateur peinant à savoir précisément ce que l’abonnement comprend. C’est d’autant plus dommageable que les prix varient énormément. Enfin, il arrive trop souvent que ni la durée ni la fréquence des sessions ne soient indiquées. Le client ne découvre le programme qu’une fois passé à la caisse, en souscrivant un abonnement récurrent, qu’il faut penser à désactiver pour éviter la reconduction automatique. Bref, la FRC a sélectionné neuf programmes populaires qu’elle a passés sur le banc d’entraînement.

Du pire au meilleur

Attaquons par le plus décevant: l’application de Decathlon, Domyos, arrive bonne dernière du classement. Elle offre un accès gratuit à des séances d’aérobic et de fitness à des heures précises. Les films montrent un animateur effectuant des exercices à répéter devant son écran. Une séance en groupe, comme si l’on y était. L’animateur explique et insiste sur les points essentiels des mouvements et les erreurs à ne pas commettre. C’est bien. Malheureusement, la qualité des vidéos est mauvaise. Pour certaines, il a fallu visionner pendant plusieurs minutes le personnel faisant du rangement dans la salle avant que le cours ne commence. L’abonnement payant offre la possibilité de regarder les vidéos à la demande, mais rien de plus. C’est dommage et peu satisfaisant. Aussi, l’application n’est pas claire et difficile à utiliser sur smartphone. Autre handicap, si le programme n’est pas adapté à la forme physique de l’utilisateur, il n’est pas possible de le modifier.

Un peu mieux notée, l’application 7 minutes workout offre des séances de... 7 minutes. L’argument est très tentant pour les gens pressés. De plus, 2 fr. 80 suffisent pour déverrouiller toute l’application. Mais ici encore, le questionnaire est trop succinct et les programmes ne s’adaptent pas à un profil individuel. L’application se présente en annonçant «scientifiquement prouvé pour perdre du poids et pour améliorer votre cardio», une allégation exagérée. Son titre est aussi trompeur, car il est conseillé de faire des sessions de trois ou quatre séries de 7 minutes chacune, on s’approche donc de la demi-heure d’entraînement. Enfin, coup de grâce: les vidéos explicatives sont des animations 3D peu claires.

Bodyweight fitness est la seule application entièrement gratuite et open source de notre panel. Elle ne nécessite pas de matériel pour faire les exercices, et chacun d’entre eux est décliné en plusieurs niveaux. Ainsi, on peut adapter les programmes en fonction de son état de forme. Les vidéos sont claires, mais pas agréables à visionner. Souvent, les détails de l’exercice ne sont pas visibles et les plans filmés peu inspirés. Bon point, l’interface est simple et claire.

Sur le podium, Fizzup perd des points à cause de son allégation «résultats records en trois semaines». Les programmes sont bien structurés et variés. L’abonnement payant permet facilement de passer de l’un à l’autre. Autre avantage, même si l’application ne demande que peu de choses au démarrage, les premières séances sont des évaluations des capacités de l’utilisateur. Cette étape passée, le véritable entraînement commence. Après quelques semaines, une nouvelle évaluation de la forme physique est réalisée pour mesurer les progrès effectués. Simple et motivant.

Entièrement gratuite, Ready Swissarmee a été développée à Macolin (BE) par le Centre national de sport. Bien que destinée aux futures recrues de l’armée suisse, elle demeure intéressante pour tout le monde. Elle se démarque par son questionnaire médical au démarrage et ses exercices d’évaluation. Les vidéos sont claires et l’interface est agréable.

Freeletics monte sur la première marche grâce à la qualité des vidéos explicatives. Accompagnées de textes, elles permettent de faire les mouvements au mieux. Les programmes sont variés et bien décrits. L’interface est agréable, mais peut être déroutante au départ, car elle regorge d’informations.

Non évaluée dans le cadre de ce test comparatif, une application gratuite de prévention des blessures, Get Set, mérite une mention spéciale. Il suffit de choisir le sport pratiqué régulièrement et le programme propose des exercices de renforcement. Simple et gratuite, elle a le mérite de proposer juste ce qu’il faut, pas davantage. Un parfait complément à une activité régulière.

Voir le test des applications de remise en forme dans la version e-paper du magazine.

Cet article est paru dans le magazine FRC Mieux choisir sous le titre «Remise en forme: allez, on s’applique!»

Stretching et rigueur

Avant de se lancer à corps perdu dans une nouvelle activité physique, un échauffement doit toujours être effectué. Il se composera d’une partie cardiovasculaire et d’une partie focalisée sur les muscles qui seront sollicités. Il augmente la température corporelle, le débit cardiaque et respiratoire et prépare psychologiquement, selon Bastien Presset, Davide Malatesta et Frédéric Stucky de l’Institut des sciences du sport de l’UNIL.

Bien qu’elle soit essentielle pour les personnes sédentaires et en surpoids, l’activité physique seule, sans restriction alimentaire, a peu d’effets sur la perte de poids à long terme. En effet, pour être efficace sans mesure complémentaire, plus de 300 minutes d’activité par jour seraient nécessaires!

L’OMS recommande aux adultes de pratiquer au moins 150 minutes d’endurance modérée par semaine, ou 75 minutes d’activité soutenue. Et pour retirer des bénéfices sur la santé, il faudra doubler ces durées. De plus, des exercices de renforcement musculaire devraient être pratiqués au moins deux jours par semaine. Un rythme pas forcément évident à tenir seulement avec une application.

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