Electricité

Pourquoi vert rime avec cher

La hausse des tarifs 2015 va impacter davantage les consommateurs qui ont choisi de payer leur courant par conviction écologique.

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Archive · 30 septembre 2014

Que paierez-vous en 2015 ? Comparez les tarifs sur prix-electricite.elcom.admin.ch. Photo: shutterstock.com/Vaclav Volrab

Alors que les prix sur les marchés internationaux sont historiquement bas, les tarifs d’électricité vont augmenter en 2015, de 3,7% en moyenne selon l’Association des entreprises électriques suisses. Pourquoi les Helvètes ne profitent-ils pas de baisses comme leurs voisins européens? Parce que les prix de l’électricité, qui s’achète et se vend comme une marchandise, sont souvent fixés très en amont. Et, mauvaise nouvelle pour les personnes soucieuses de favoriser les énergies durables, cette hausse va impacter encore davantage le «courant vert».

Les offres les moins chères intégrant des énergies vertes comme l’hydraulique se paient entre 0,2 et 1,5 centimes de surcoût par kilowattheure. Pour rappel, le mix énergétique traditionnel proposé aux foyers suisses se compose de 58% d’origine hydraulique, 37% d’origine nucléaire et 5% provenant de l’incinération des ordures ménagères.

Eolien ou solaire à prix d’or

Certains producteurs intègrent par défaut du renouvelable dans une partie – voire la totalité dans le cas des Services industriels de Genève – de leur offre de base, renchérissant d’autant leur tarif plancher. Lorsqu’il s’agit de sources alternatives comme le solaire ou l’éolien, les prix atteignent des sommets. Le contrat Sun star du Groupe E représente par exemple un surcoût de près de 50 centimes par kilowattheure. Cela alors que le courant que les consommateurs utilisent réellement à leur domicile… n’est pas forcément produit par une source énergétique durable.

«Physiquement, il n’est pas possible de distinguer et de séparer un électron produit par une centrale hydro-électrique d’un autre qui sortirait d’une centrale nucléaire», confirme Karin Devalte, responsable de la communication de Romande Energie. C’est par le biais de certificats que les entreprises peuvent attester l’origine de l’électricité qu’elles vendent aux clients qui ont choisi de favoriser les énergies renouvelables. Dans le cas de Romande Energie, la société fait appel à la firme de certification allemande Tüv Süd.

Un geste citoyen qui compte

Si les prises de notre domicile accueillent indistinctement les électrons «verts» et leurs jumeaux conventionnels, quel est l’intérêt de payer plus? «Il s’agit tout d’abord d’un geste citoyen, mais qui n’est pas sans effet. Plus les consommateurs sont prêts à payer pour des énergies renouvelables, plus les producteurs financent de nouvelles installations respectueuses de l’environnement. Au final, c’est le mix énergétique du pays qui s’en trouvera modifié», note Jean-Albert Ferrez, directeur général d’Energies Sion région. Pour le groupe sédunois, une nouvelle mini-centrale hydraulique sort ainsi de terre chaque année. Dans le cas des Forces motrices bernoises (BKW), pour le courant vert issu de la force hydraulique, 1 centime par kilowattheure est reversé à un fonds pour financer la renaturation des cours d’eau.

Reste que la complexité de l’offre et le manque de clarté liés à la communication des contrats disponibles auprès des compagnies électriques romandes défient parfois les meilleures volontés. Les plus grands fournisseurs que nous avons recensés proposent tous entre deux et cinq contrats intégrant des énergies renouvelables. Il faut parfois passer plusieurs dizaines de minutes sur internet et consulter plusieurs pages pour savoir ce que l’on contracte. Et le prix de référence mensuel pour un ménage moyen n’est pas toujours indiqué. Difficile, dès lors, de savoir ce que vous coûtera réellement votre geste éventuel en faveur de l’environnement. On ne saurait que trop recommander aux distributeurs de clarifier leurs offres. Car avec à peine 14% de courant vert consommé en Suisse (chiffres datant de 2012), le potentiel de croissance – et d’économie d’échelle – est encore grand. par conviction écologique.

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