Session parlementaire

Non aux nouveaux droits de douane agricoles

Alors que le Conseil national reprend les discussions sur le programme d’allègement budgétaire de la Confédération, il débattra de nouvelles mesures qui auraient pour effet de rendre l’alimentation plus chère, moins saine et moins durable pour les consommateurs. La FRC et ses consœurs de l’Alliance des organisations de consommateurs (Konsumentenschutz et ACSI) s’y opposent vivement: l’alimentation n’est pas un levier budgétaire!

Alimentation … Agriculture Argent … Prix

03 mars 2026

En plus des coupes budgétaires affaiblissant la sécurité des produits et menaçant le financement de la transition énergétique et des transports régionaux – auxquelles la FRC s’oppose – la Commission des finances du Conseil national propose désormais aussi d’augmenter les droits de douane sur les produits agricoles dans l’unique but de ramener 175 millions de francs supplémentaires dans les caisses de la Confédération.

Une mesure contre-productive

Cette hausse arbitraire des taxes va à l’encontre des efforts concertés de l’ensemble de la chaîne alimentaire pour construire un système agro-alimentaire durable dans le cadre des travaux sur la future Politique agricole (PA30+). Car, comme le souligne le document établi par l'Office fédéral de l'agriculture (OFAG) à ce sujet, cette mesure favorise indirectement les importations peu durables, pénalise les produits locaux, et pourrait réduire la diversité alimentaire, tout en faisant pression sur le budget des ménages. Ceci dans un contexte où est en plus proposée une augmentation inacceptable de la TVA pour financer l’armée et la 13e rente AVS et alors que la Suisse a connu une hausse extraordinaire des prix ces dernières années.

Conséquences délétères en cascade

Ces nouvelles taxes s’appliquant au fourrage et à la paille, elle renchériront les coûts des éleveurs. Une hausse qui se répercutera sur les consommateurs qui verront le prix de la viande, du lait, du fromage et des œufs prendre l’ascenseur, poussant davantage d’entre eux à traverser la frontière pour faire leurs achats. 

La diversité alimentaire pourrait également être réduite, puisque les fruits non cultivables en Suisse – tels que les agrumes – deviendront plus chers. Côté environnement, cette mesure pourrait pousser l’industrie agro-alimentaire à se tourner vers des ingrédients moins chers provenant de pays aux normes inférieures qu’actuellement, par exemple issus de la déforestation. Elle réduirait aussi la compétitivité de l’élevage de montagne, déjà fragilisé, alors que ce type d’agriculture est crucial pour le maintien de nos paysages et de la biodiversité.

Paradoxe supplémentaire: les cultures végétales suisses, notamment les céréales, pourraient voir leurs débouchés se réduire. Car bien que bénéficiant d’une hausse des prix, elles pourraient être concurrencées par l’afflux de produits transformés importés (pain, pâtes, biscuits) qui profiteront d’une protection douanière moindre.

En bref, alors que le système douanier suisse est extrêmement complexe, cette intervention irréfléchie viendrait déséquilibrer le marché alimentaire et l’agriculture suisses. Charge au Conseil national de ne pas sacrifier le pouvoir d’achat des ménages, la qualité de notre alimentation et la viabilité de notre agriculture dans le but d’assainir à court terme des finances fédérales, dont les comptes sont d’ailleurs en meilleure santé que prévu. 

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