Assurance-maladie

Les complémentaires, à quoi ça sert ?

L’offre est pléthorique, sous forme de packs ou de produits individuels très spécifiques. Comment ne pas s’engager à la légère dans ce type d’assurances, parfois fort coûteuses et à l’utilité douteuse ? Notre dossier.
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Archive · 05 juin 2012

Comme leur nom l’indique, les complémentaires servent à compléter l’assurance-maladie de base. Ainsi, si l’offre de l’assurance de base figurant dans la LAMal – strictement identique pour tous dans toutes les caisses – ne vous suffit pas, la possibilité existe de l’étoffer en concluant une ou plusieurs complémentaires. Des assurances privées qui sont régies par une tout autre législation: la Loi sur le contrat d’assurance (LCA). Mais celle-ci reste muette sur le catalogue des prestations, si bien que ce sont les conditions d’assurances, générales ou particulières, qui en précisent les contours et les limitations.

La jungle des complémentaires

Or, se retrouver entre les différentes offres se révèle un vrai casse-tête chinois. Un constat: trop de choix tue le choix. Chaque assurance comprend une dizaine de produits, qui sont eux-mêmes parfois subdivisés en sous-produits... Assura, par exemple, en propose une panoplie, ajoutant encore sous son offre Complementa les options «plus, maxi, extra». Quant au Groupe Mutuel, c’est le champion toutes catégories, avec presque deux fois plus d’assurances complémentaires que les autres caisses. Certes, la couverture est bonne, mais, à y regarder de plus près, les produits sont bien trop similaires, rendant peu aisée la différentiation entre Global (4 variantes), Global classic, Global flex, etc.

Afin de vous aider à y voir plus clair, la FRC a dressé un tableau, hélas non exhaustif, tant les offres sont légion, indiquant pour cinq grandes caisses les prestations couvertes dans certains produits. Vous serez certainement surpris d’apprendre que, dans la Complementa d’Assura, vous pouvez vous faire rembourser chaque année jusqu’à 800 francs de factures de dentiste. Certaines complémentaires mélangent plusieurs prestations. C’est notamment le cas des assurances Basic de Visana et Completa d’Helsana; cette dernière regroupant notamment les médecines complémentaires, les lunettes, les vaccins, les traitements d’urgence, l’assistance à l’étranger ainsi que le fitness.
Une même prestation peut également se trouver disséminée dans plusieurs assurances auprès de la même caisse. Les vaccins ou les soins à domicile auprès du Groupe Mutuel se retrouvent dans cinq produits: Global, Global classic, soins complémentaires, soins bonus et Vitalis. Prudence toutefois, ce n’est pas parce que l’assureur propose le remboursement de certaines prestations, telles les lunettes, les lentilles de contact ou l’ostéopathie, que cela garantit un remboursement total. Le taux de participation peut varier fortement d’une caisse à l’autre, voire d’un produit à l’autre. Gare aussi à la franchise! Vérifiez scrupuleusement ces points si vous concluez une assurance pour une prestation bien spécifique. Une prochaine édition de FRC Mieux choisir reviendra sur ce sujet.

Le cas scandaleux de Supra

Parfois, certains produits en cachent d’autres. C’est notamment le cas de l’assurance Hospital d’Helsana, qui, l’âge de la retraite venu, affilie automatiquement ses assurés au produit Cura. Si l’on n’y prête pas attention, cela fait tout de suite plusieurs dizaines de francs de plus par mois pour une prestation dont on n’a peut-être ni connaissance ni besoin.

Enfin, pour d’autres complémentaires, la couverture peut s’amoindrir au fil des ans sans que la prime suive la même tendance. Les exemples ne manquent pas cette année. Il y a celui des médecines alternatives qui, pour cinq d’entre elles, sont de nouveau remboursées par l’assurance de base. Ou encore le cas des assurances hospitalisation privée ou semi-privée, parfaitement illustré par le revirement scandaleux de Supra. Cette caisse, et ce n’est de loin pas la seule, limite drastiquement le choix des cliniques depuis le début de l’année, engendrant de gros problèmes pour les personnes dont l’opération était déjà planifiée de longue date dans un hôpital qui n’est plus reconnu!

Le confort à quel prix?

Quoi qu’il en soit, si vous vous demandez quels risques vous prenez au niveau de votre santé en ne conservant que la base, la réponse est rassurante. Fort heureusement, le système de santé en Suisse implique que tout citoyen dispose d’une couverture de soins de bonne qualité via l’assurance de base. Une complémentaire apportera plus de confort et élargira la palette des traitements et des médicaments remboursés.

Se poser toutefois la question: mais à quel prix? Le témoignage de la fille de Carole Diserens est édifiant. Domiciliée en Valais, sa maman paie depuis plusieurs années 173 fr. 90 par mois une assurance semi-privée auprès de KPT/CP, cela spécifiquement afin d’éviter les chambres communes. Or, aujourd’hui, dans les établissements valaisans reconnus par cette caisse, il n’y a pas de chambres à plus de deux lits!

Télécharger notre tableau comparatif Assura, Groupe Mutuel, Helsana, CSS et Visana

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