Subvention fédérale

L’effet papillon

Ou comment une saute d’humeur idéologique outre-Sarine aurait pu avoir de très fortes répercussions ici.
Enjeux collectifs

Archive · 06 février 2018

La réflexion de Sophie Michaud Gigon, secrétaire générale de la FRC.

Vous l’avez lu dans la presse avant Noël, le vote autour du budget fédéral 2018 a été, pour la FRC, un moment d’échauffement loin des combats habituels. Un combat pour rendre notre travail pérenne.

La Constitution l’affirme: l’information aux consommateurs est une tâche d’utilité publique. Raison pour laquelle l’Etat alloue une contribution financière à répartir entre les organisations des consommateurs. Concernant notre association, le montant que nous recevons couvre 15% du budget. Une petite part, alors que les trois quarts de notre travail et la majorité de nos dépenses sont dévolus à l’information: produire des contenus pour le magazine que vous tenez entre les mains, ainsi que pour le site et les réseaux sociaux, développer des enquêtes de terrain originales et des tests comparatifs indépendants, de même que renseigner et soutenir les consommateurs via notre service FRC Conseil, etc. Le tout sans recourir à la publicité. Vu sous cet angle, ce n’est pas 15% mais 75% que la FRC devrait obtenir pour le travail d’intérêt public qu’elle offre!

Une forme de Röstigraben

L’attaque contre cette subvention fédérale n’en a été que plus révoltante à nos yeux. Les parlementaires de la droite dure alémanique qui demandaient de couper cette contribution en deux puis de la supprimer, ne connaissent ni nos activités ni l’importance qu’elles revêtent pour les consommateurs suisses. Fort heureusement, les parlementaires romands ont largement soutenu la FRC: 45 ont refusé la coupe budgétaire, 7 (PLR et UDC) l’ont acceptée. Côté alémanique, 70 députés étaient prêts à nous couper les jambes. On ose dire qu’un Röstigraben s’est cristallisé sur ce sujet. Fort heureusement, avec 115 votes en faveur des organisations de défense des consommateurs contre 78, le couperet n’est pas tombé. Mais le signal est clair: même s’agissant d’un travail d’intérêt public en faveur de la population, le risque que la Confédération se désinvestisse agit comme une épée de Damoclès.

Deux leçons à tirer de cet événement navrant: premièrement, que les consommateurs s’en souviennent lorsqu’il s’agira de choisir leurs parlementaires aux prochaines élections, surtout outre-Sarine. Deuxièmement, notre job, c’est principalement grâce à vous, membres et lecteurs, et grâce aux dons que nous pouvons le faire. Nous avons donc davantage besoin du soutien de la population pour préserver un travail précieux et apprécié.

Parlons clair, parlons chiffres

Prenez notre récent test sur les gels douche. Pour traquer les substances indésirables dans 350 produits et déterminer ceux qui en sont exempts, il nous en a coûté pas loin de 15 000 fr. Cette information de santé publique a été diffusée à 30 000 exemplaires via FRC Mieux choisir, mais a aussi atteint 20 000 internautes en quête de ces résultats, sans parler des innombrables partages via les réseaux sociaux. Des dizaines de milliers de consommateurs ont ainsi pu opter pour un produit qui préserve leur santé. Il est bon de rappeler que tant que les produits ne sont pas interdits d’étal, que fabricants (ou producteurs) et distributeurs ne font pas le tri, et que l’Etat n’assume pas cette tâche d’information de santé publique, c’est aux organisations de consommateurs que revient le travail. Chaque franc est très bien investi et nous permet de faire beaucoup avec peu de moyens.

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