Détergent

L’écologie a aussi bon dos

Les produits WC se répartissent en deux familles: les standards et les écolos, qui vantent leur biodégradabilité. Vraiment ?

Enjeux collectifs Impact environnemental Maison et loisirs

Archive · 01 septembre 2015

Shutterstock / Alex Malikov

Les détergents pour WC sont nés pour faire oublier les outrages les plus cuisants. Ils doivent donc être puissants pour venir à bout des salissures et du tartre. Les plus efficaces sont généralement aussi les plus agressifs, car ils contiennent de l’acide chlorhydrique. Leur impact environnemental est non négligeable. Du coup, les fabricants ont créé des lignes «écologiques», destinées, les unes, à la cuvette, les autres, à l’évier ou au sol. Qui se distinguent par leur étiquette à dominante verte, quand ce n’est pas le contenu lui-même qui est ainsi teinté. Or une plaisanterie potache veut qu’au petit coin le bleu nettoie mieux et que le vert soit plus cher. A voir…

Mais qu’est-ce qui entre exactement dans la composition d’un produit, écolo ou pas? Les substances principales sont des agents de surface (ou tensioactifs) qu’on retrouve aussi bien dans un détergent ménager qu’un cosmétique. En outre, on trouve des acides – citrique et acétique –, des parfums et des colorants.

Etonnantes surprises

L’écologie justifie-t-elle quelques sous supplémentaires? C’est ce que nous avons voulu savoir. Nous avons donc scruté l’étiquette de onze produits, dont quatre standards. Premier critère d’évaluation: le prix. Chez Coop et Migros, la différence entre le produit standard et l’écologique se monte à 25 centimes, une paille. En revanche, elle est nettement plus conséquente entre le W5 Eco de Lidl – le moins cher de l’échantillon mais qui trône tout de même à la quatrième place – et le plus coûteux, l’Ecodoo, qui vaut, lui, près de 7 francs de plus au litre, tout en se situant en queue de classement.

Il n’empêche, sur le principe, privilégier les détergents les moins nocifs qui soient se justifie, car ils finissent dans les canalisations puis sont dégradés dans les stations d’épuration (STEP) avant de rejoindre les cours d’eau et les lacs.

Nouvel étonnement, dans la gamme de Coop cette fois. Le produit Oecoplan affiche une biodégradabilité à 98% en quatorze jours; c’est très bien. L’équivalent standard de la gamme Qualité & Prix se dégrade à… 99% dans le même laps de temps! Voilà qui est encore mieux. Cela signifie-t-il que le produit normal est plus écologique que le produit vert? C’est un peu court de l’affirmer ainsi. Car le taux de biodégradabilité ne s’applique qu’aux tensio-actifs, et ne porte pas sur les autres substances, comme les parfums, les colorants ou les agents conservateurs. Raison pour laquelle certains scientifiques critiquent la méthode de calcul permettant d’apposer cette mention.

Le détail qui tue

Les surprises se succèdent: cinq produits de l’échantillon ne mentionnent aucune indication concernant leur biodégradabilité. Comprenez par là qu’ils respectent alors la réglementation, qui impose que les tensio-actifs aient une biodégradabilité totale de 60% en vingt-huit jours au moins. En effet, la législation suisse reprend l’européenne, qui exige ce minimum. Selon l’Office fédéral de l’environnement, quasi l’intégralité du contenu des détergents est dégradée dans les STEP les plus performantes. La part des molécules non détruites est biodégradée relativement rapidement dans les écosystèmes aquatiques. Moralité: l’enjeu environnemental sur les tensio-actifs est faible.

En revanche, impossible de présager de la biodégradabilité des autres composants à la simple lecture de l’étiquette. Parfums et colorants peuvent aussi bien être élaborés à partir de molécules naturelles – qui justifient un prix plus élevé – que de cocktails chimiques. Ces derniers échappent évidemment à l’action des STEP et s’accumulent dans les eaux avec de potentiels effets toxiques. Au final, le bon geste, c’est d’utiliser les détergents avec parcimonie et d’éviter l’eau de Javel. Peu importe le flacon, qu’il soit bleu ou vert…

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