Artisanat

Le filage, une tradition vivante comme jamais

Transformer une toison de brebis en laine, un processus qui séduit aussi bien les particuliers que les éleveurs.
Maison et loisirs

Archive · 02 octobre 2018

Milada Czereova ou le retour à la matière pour lutter contre la fast fashion. Jean-Luc Barmaverain

Rouet, fuseau, dévidoir, pelotonneuse, cardeuse, nostepinne, niddy noddy: qui entre dans le monde du filage de la laine apprend également tout un vocabulaire. C’est le cas de Milada Czereova. Cette Fribourgeoise a pratiqué de nombreuses activités créatrices, mais elle considère sa découverte du monde de la laine comme la révélation de sa vie. «Ma grand-mère m’avait appris les bases du tricot quand j’étais enfant, mais je n’avais alors pas la patience.»

Souvent en déplacement, la gestaltthérapeute s’est pourtant remise aux joies de la pelote pour pratiquer une activité facilement transportable. Puis, de fil en aiguille, elle s’est intéressée à la matière première, la laine, sa provenance et son processus de fabrication. «J’ai rejoint un groupe de fileuses sur les réseaux sociaux, mais tout cela me paraissait très mystérieux et compliqué.» Ce n’est que grâce à un stage dans le canton du Jura auprès d’une personne plus expérimentée qu’elle a eu le déclic.

Tout un art de vivre

La quadragénaire a rapidement trouvé des accessoires dans les brocantes et vide-greniers. Notamment un rouet de la marque Saco, fabriqué à Neuchâtel. Un vrai coup de coeur. «Quand j’ai réussi à faire mon propre fil, j’étais vraiment enthousiaste. J’avais l’impression d’être retournée à la source, de travailler une matière vivante. Un monde de possibilités infinies de créations et de créativité s’ouvrait à moi.»

Depuis, la laine occupe une place non négligeable dans sa vie. Son domicile regorge de sacs en papier ou de draps qui renferment les toisons brutes qu’elle a reçues: Ouessant, Texel, Blanc des Alpes. «Cette activité a eu pour résultat que je m’intéresse aux races de mouton. Leur laine est très différente, chacune avec ses propriétés.» Dans un panier, elle montre la toison déjà nettoyée, prête à être travaillée. Après l’avoir passée dans les peignes, la Fribourgeoise fait des petits nids. Et là commence le filage, au fuseau ou au rouet. C’est cette dernière méthode qu’elle préfère. «Pour une machine à coudre, il faut de l’électricité. Le rouet fonctionne à pédale, c’est silencieux et contemplatif.» Au final, le fil sera mis en écheveau et éventuellement teinté. Puis mis en pelote et enfin tricoté, en vêtements ou en accessoires. «Je crois que je préfère filer que tricoter», reconnaît Milada Czereova, le sourire en coin. «Je vois tout le travail que cela représente. On est bien loin de la fast fashion. Il faut qu’on arrête de faire venir du pétrole, qui entre dans la composition de la majorité des vêtements du commerce, de l’autre bout du monde. Le filage, c’est revenir à la matière noble.»

Ce retour aux sources, Coraline Sandoz l’atteste également. Présidente de l’Association Laines d’ici, la tisserande et son comité ont permis la création d’un atelier de filature en fin d’année dernière. Leur mission: revaloriser la laine, surtout celle de Suisse. «Nous récoltons 4 tonnes de toison par an auprès des éleveurs de l’arc jurassien, explique cette passionnée. Pour la laine, la meilleure qualité se trouve sur les flancs et le dos, là où la fibre est la plus longue. Pour le reste, nous travaillons avec une entreprise suisse qui valorise cette matière différemment, en isolation ou en engrais par exemple.»

Noblesse et accessibilité

Laines d’ici propose également du travail à façon pour des éleveurs. «Nous transformons la toison de leur mouton en écheveaux de laine. Ils pourront par la suite les vendre, par exemple dans le cadre de marchés à la ferme.» Une démarche qui met en valeur toutes les parties de l’animal et est très bien accueillie. «Pendant longtemps, on a brûlé ou jeté la laine indigène. Nous essayons de la revaloriser, car elle a de l’avenir. La Suisse a un potentiel énorme qui s’était perdu.» C’est pour cette raison que dans la boutique de la filature, les écheveaux de laine nature sont vendus à un prix accessible au plus grand nombre, soit 12 fr. 50 les 100 grammes. «Ce n’est pas rentable, mais le but est de faire redécouvrir la matière.»

Dans la même optique, visites et démonstrations de la filature sont organisées chaque mois. Peut-être feront-elles naître des vocations et des passions pour cette précieuse laine d’ici. De son côté Milada Czereova en est persuadée, le filage est une activité qui a le vent en poupe. «Je suis épatée de voir combien de jeunes femmes font du filage, en particulier en Suisse alémanique, où il existe des boutiques spécialisées dans le domaine.» La Suisse romande n’a qu’à bien se tenir.

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