Transports publics
L'Alliance SwissPass envisage une refonte de la tarification
MyRide: c’est sous cette dénomination que la faîtière des transports publics, qui réunit 250 entreprises de transport et 20 communautés, désigne le projet de refonte des tarifs, pensé dans un souci de simplification. Pour la FRC, le système est complexe et les avantages, pas évidents.
08 avril 2026
Sevan Pearson
Responsable Économie
Le principe de base de MyRide: l’usager paie la distance exacte qu’il parcourt. Et plus une personne emprunte les transports publics, plus elle a droit à des rabais. Le système n’en est qu’à sa première phase de test: «À l'heure actuelle, rien n'est encore définitif, explique Philipp Bosshard, porte-parole de l’Alliance SwissPass. Aucune décision n'a encore été prise concernant son introduction. Si MyRide venait à être introduit, les clients pourraient choisir librement entre l'ancien et le nouveau système». Point central: l’alliance assure que la nouvelle tarification sera neutre en termes de coûts pour les usagers. Explications.
Le changement | «Pour éliminer les incohérences tarifaires actuelles et créer des possibilités de développement du système, explique Philipp Bosshard, porte-parole de l’alliance. Pour les clients, cela se traduira par une simplification considérable et donc par une attractivité accrue des transports publics. Les voyageurs n'auront plus besoin de connaître les tarifs, les limites des zones ni de prendre des décisions complexes concernant les billets. Ils disposeront à tout moment d'un titre de transport valable et paieront à la fin du trajet le prix correspondant à la distance réellement parcourue.» Pour l’Alliance SwissPass, ce système de prix est transparent, compréhensible et cohérent dans toute la Suisse. Il n’arrivera donc plus des situations dans lesquelles il peut être moins cher d’acheter deux billets différents pour passer d’une communauté tarifaire à une autre.
Le prix | Le coût pour utiliser ce système est de 1 fr./mois pour les détenteurs d’un demi-tarif et de 15 fr./mois pour les autres. Un système de rabais s’applique en fonction de l’utilisation du réseau. Ainsi, si les frais de déplacement mensuels s’élèvent à 150 francs, le bonus est de 25 francs, soit une facture de 125 francs. Et pour 400 francs de frais, la réduction atteint 165 francs.
Une entorse cependant à ce principe: il existe actuellement des plafonds tarifaires dans six zones urbaines – Lausanne, Genève, Berne, Bâle, Lucerne et Zurich –, en raison des déplacements multiples des usagers, afin d’éviter de faire exploser la facture. Trois distances maximales ont été prédéfinies: courte, moyenne et grande. Le tarif dépend alors du palier atteint. Dans le cas de Lausanne, les trois plafonds sont fixés respectivement à 2 fr. 30, 2 fr. 40 et 4 fr.80. À Genève, ils sont de 1 fr. 80, 2 et 4 fr. Ce principe pourrait être étendu à d’autres agglomérations, indique l’Alliance SwissPass et les prix indiqués sont sujets à modification.
Les nouveautés | La faîtière envisage par exemple des prix différenciés selon la rapidité du train. Un essai sur deux tronçons (Lausanne-Fribourg et Zurich-Arth-Goldau) est en cours jusqu’à la fin juin 2026. «La structure des prix repose sur les différences de durée des trajets en train. Les clients peuvent ainsi choisir la liaison qui correspond le mieux à leurs besoins individuels et à leur budget», argumente l’Alliance SwissPass. Concernant les personnes ne possédant pas de smartphone ou ne souhaitant pas en utiliser un pour leurs déplacements? L’Alliance SwissPass assure que des solutions sont à l’étude. De même, une utilisation anonyme des transports publics demeurera possible.
Les abonnements | Les choses ne sont pas claires. «Aucun changement n'est prévu jusqu'à nouvel ordre, aucune décision n'a été prise à ce jour», répond le porte-parole. Concernant le demi-tarif, le «demi-tarif plus», les abonnements des communautés tarifaires et l’abonnement général, «il n’y aura pas de changement».
Ce qu’en pense la FRC
Les avantages induits par MyRide ne sont pas évidents et plusieurs points méritent une attention soutenue. Justifier l’introduction de cette nouvelle tarification par souci de simplification surprend au vu de la tournure que prend le système. Pourquoi proposer des tarifs différenciés selon la rapidité du train? Cela accroît la complexité des tarifs.
Autre point d’attention: la situation dans les agglomérations. À l’heure actuelle, une personne qui utilise les transports en dehors des grandes villes bénéficie de plafonds journaliers en fonction des zones parcourues. C’est notamment le cas au sein des réseaux Frimobil ou Mobilis (Vaud) où ces limites sont appliquées que l’on prenne les transports en zone urbaine ou rurale. Pas sûr qu’une tarification exacte au kilomètre telle que prévue par MyRide soit très pratique pour une personne effectuant de nombreux trajets la même journée dans un périmètre restreint.
Le projet prévoit un système de bonus. L’idée d’en offrir aux usagers réguliers des transports publics n’est pas mauvaise en soi. Mais réduire progressivement le coût des trajets rend les prix peu transparents. Une solution pourrait être de proposer, de manière optionnelle, un programme de bonification. Les usagers récolteraient alors des points qu’ils pourraient ensuite échanger sous forme de bons d’achat valables tant pour des billets que des abonnements. Autre piste: élargir l’offre des abonnements avec des formules plus flexibles, comme un abonnement général valable deux ou trois jours par semaine.
Une piste évoquée par la FRC a déjà fait l’objet de discussions au sein de la branche, mais n’a pas été retenue: introduire un système de zones au niveau national, en remplaçant les communautés tarifaires actuelles. Cela aurait conduit à une réelle simplification avec des prix fixés en fonction du nombre de zones traversées. Mais mettre d’accord les différentes communautés tarifaires dont les prix varient énormément ne semble pas possible dans un État fédéral comme la Suisse. Dommage.
Faut-il alors saluer la perspective, encore incertaine, d’introduire le système MyRide? La FRC est très réservée car il est difficile à l’heure actuelle de déceler la réelle plus-value pour les usagers. Et la crainte d’une hausse déguisée des tarifs ne peut être ignorée. La FRC examinera le projet en détail lorsqu’il sera finalisé.
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