Contraception

La pilule doit-elle nous inquiéter ?

La polémique autour des contraceptifs de 3e et 4e génération enfle en France. Motif: ils augmentent le risque de thrombose. En Suisse, le discours se veut rassurant. Qui croire ?
Santé Médicaments

Archive · 26 février 2013

Une pilule de 2e génération ? Plus sûre et moins chère. Photo: katielittle/shutterstock.com

Dans les années 1960, la pilule libéra la femme, mais elle avait un prix: les contraceptifs de 1re génération provoquaient nausées et prise de poids. Au fil du temps, les fabricants ont limité ces effets secondaires, en améliorant l’efficacité contraceptive et en diminuant les douleurs menstruelles.

Aujourd’hui, votre pilule, comme celle de 88% des femmes, selon Pharmasuisse, appartient certainement à la 3e génération – Mercilon, Meliane 21, etc. – ou à la 4e génération – Yasmin, Diane-35, etc. Or ces préparations plus récentes présentent des risques accrus de thrombose veineuse. Récemment, nos voisins français ont même interdit la Diane-35, prescrite contre l’acné. Pas la Suisse, où les autorités sanitaires se veulent rassurantes. Faut-il s’en alarmer?

Quelle pilule?

Si vous ne prenez pas encore de contraceptif oral, il serait logique de la part de votre gynécologue de vous prescrire d’abord une pilule de 2e génération, plus sûre et moins onéreuse, comme Microgynon ou Miranova. En cas de demande particulière de votre part (acné, troubles menstruels, règles abondantes), votre praticien devrait suivre un protocole pour évaluer les risques encourus avant de préconiser une pilule de 3e ou 4e génération (tabagisme, surpoids, antécédents familiaux de thrombose, tension artérielle).

Quels risques?

Si vous prenez, depuis plus d’un an, une pilule de 3e ou 4e génération, n’arrêtez pas sur un coup de tête. Les risques de thrombose veineuse se manifestent en général durant les premiers mois. Et comme le rappelle le
Dr Jacques Seydoux, président de la Société suisse de gynécologie et d’obstétrique (SSGO), la grossesse fait courir un risque bien plus important de thrombose veineuse, de phlébite ou d’embolie pulmonaire que la pilule: «Il est de 6 cas pour 100 000 femmes, contre 4 pour les femmes utilisant des contraceptifs de 3e ou 4e génération, et 2 cas pour 100 000 femmes avec les contraceptifs de 2e génération.»

Quand s’inquiéter?

Durant les premiers mois de prise et dès la trentaine environ – car les risques augmentent avec l’âge. Il faut être attentive à d’éventuels signes précurseurs. La SSGO a publié une liste des troubles pouvant indiquer l’apparition d’une thrombose veineuse et nécessitant l’arrêt immédiat de la pilule: notamment des maux de tête intenses, des troubles visuels, auditifs, de la parole ou sensoriels, des douleurs inexpliquées dans les jambes ou le thorax, des vertiges, des troubles de coordination ou des pertes de connaissance.

Et la Diane-35 alors?

La pilule anti-acné reste autorisée en Suisse, bien que l’Agence nationale de sécurité du médicament l’ait interdite en France le 31 janvier. La justification fournie par les autorités sanitaires suisses tient dans la prescription: alors qu’en France la Diane était délivrée d’emblée pour traiter des problèmes de peau bénins, elle ne serait prescrite qu’aux jeunes Helvètes souffrant d’acné sévère, et seulement après une évaluation pointue des risques. Cela reste à voir… En Belgique, nos confrères de Test Achats viennent de publier une vaste enquête démontrant que nombre de gynécologues n’investiguent pas assez avant de prescrire une pilule de 3e ou 4e génération!

A quelle génération appartient votre pilule? Consultez notre tableau.

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