Médicament

Une pénurie-choc pour les allergiques

Suite à une pénurie des préparations élaborées par le laboratoire français Stallergenes, de nombreux patients doivent stopper leur traitement. Retour à la case départ? Un flou inacceptable. La FRC revendique la mise en place d’une législation forte pour prévenir et interdire l’arrêt de la production de davantage de médicaments essentiels, ainsi que des outils plus efficaces pour gérer les situations de pénurie.
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Archive · 11 janvier 2016

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Le 27 octobre dernier, l’impensable devient réalité pour une patiente de la région lausannoise: son allergologue lui annonce qu’il ne peut pas lui administrer son traitement de désensibilisation aux acariens sous forme d’injections périodiques. Ses produits n’ont pas été livrés par le laboratoire français Stallergenes. Ce jour-là, le médecin se trouve bien démuni pour lui fournir de plus amples explications: il est sans nouvelle du fabricant, malgré plusieurs relances. Pourtant, les préparations sur mesure de cette patiente – soit des allergènes préparés spécialement pour un seul individu (APSI dans le jargon), vendus sous le nom de Staloral, Alustal et Phostal – ont été commandées depuis plusieurs semaines.

Difficile de dire a priori combien de patients sont affectés par ces pénuries qui perdurent à ce jour, mais certainement des centaines rien qu’en Suisse. En effet, le fabricant français se targue de contribuer à la prise en charge de 500 000 personnes dans 75 pays, ce qui laisse entrevoir l’ampleur du désastre. Parmi les traitements proposés par le laboratoire, est concernée la méthode d’immunothérapie qui consiste à administrer par voie injectable ou sublinguale (sous la langue) des doses croissantes d’allergènes jusqu’à ce que l’organisme ne réagisse plus à leur encontre. Les patients les plus chanceux bénéficient encore des stocks constitués par leurs médecins avant la pénurie, mais jusqu’à quand? Et surtout dans quels délais la production va-t-elle reprendre ? Personne ne peut répondre à cette question!

Bug informatique

Après le flou qui a régné autour des problèmes informatiques invoqués par Stallergenes au cours du mois de novembre, le couperet est tombé: le 2 décembre 2015, l’Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé en France (Ansm) annonçait la suspension temporaire de l’autorisation accordée à Stallergenes. Lors d’une inspection, l’Ansm a en effet constaté des erreurs dans le circuit de préparation et de livraison des produits Staloral, Alustal et Phostal, notamment des erreurs de destinataires, d’étiquetage et de dosage. Ainsi, il a pu arriver par exemple qu’un patient reçoive des allergènes de graminées à la place de frêne. «Ces défaillances sont dues au déploiement d’un nouveau système informatique depuis le 13 août 2015», confirme l’Ansm.

Le bug a de quoi donner de l’urticaire aux patients qui se rendent à raison de chaque semaine durant les trois premiers mois de leur traitement, puis mensuellement durant des années, chez leur médecin pour subir des injections douloureuses en espérant voir leurs symptômes diminuer. En effet, la régularité du traitement est garante de son efficacité: «Les produits de désensibilisation s’inscrivent dans un traitement de fond pour un effet attendu à plus ou moins long terme, souligne l’Ansm. Il est possible de faire un arrêt temporaire du traitement sans risque dans l’immédiat, ni avant plusieurs semaines. Ce risque serait alors la récidive des symptômes». En imaginant que la pénurie perdure – scénario probable –, de nombreux patients auront subi en vain des dizaines de piqûres chez leur médecin, dans le cabinet duquel ils doivent demeurer sous surveillance médicale trente minutes après l’injection. Ils auront payé les factures y relatives en vain, du moins leur quote-part. Sans compter les frais pris en charge par les assurances maladie. Tout cela pour un bug informatique!

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