Alimentation
Gaspillage alimentaire: les bonnes et les mauvaises idées des distributeurs
Alors que la transformation et la distribution génèrent respectivement 35% et 10% du gaspillage des denrées, les grandes enseignes avec leurs marques propres ont un rôle à jouer. Une responsabilité qu’elles prennent plus ou moins à cœur, la preuve par trois.
01 avril 2026
Juliette Ivanez
Responsable Alimentation
1. Les légumes non calibrés
En 2020, un sondage mené par la FRC et ses partenaires montrait que deux tiers des clients de grandes surfaces étaient prêts à acheter davantage de produits ne correspondant pas aux standards usuels. Un engouement qui a moyennement inspiré les distributeurs – c’est à se demander si l’offre est réellement pilotée par la demande!
2.9 mio de tonnes/an: la quantité de denrées perdues tout au long de la chaîne alimentaire en Suisse.
Il aura fallu six ans à Migros pour transformer l’essai. La chaîne a récemment lancé une offre de pommes de terre non calibrées. Un effort appréciable, quand on sait que près de la moitié des patates suisses part à la poubelle avant même d’arriver dans les assiettes. Chez Coop, les fruits et légumes non calibrés font un peu plus partie du paysage via la gamme Ünique. Au-delà des effets d’annonce, on attend de la part des enseignes un engagement à long terme, avec une offre durable et diversifiée. Pour donner une vraie chance aux fruits et légumes non calibrés, rien de mieux que les circuits courts et la vente directe auprès des producteurs.
2. Des rabais variés pour les dates limites
Coop rétropédale pour les produits frais: le distributeur n’applique plus de rabais à 50% sur les denrées atteignant la date limite de vente. Les ristournes sont maintenant limitées à 40% au mieux. Dommage pour le porte-monnaie des consommateurs. Chez Lidl, les clients peuvent se tourner vers les sachets «anti-gaspi» de fruits et légumes au prix unique de 5 francs. Une initiative intéressante, dont on souhaiterait qu’elle soit plus visible en magasin, et si possible pas après le passage en caisse.
3. Des partenariats
Ce n’est pas nouveau, mais le filon reste utile: plusieurs grandes enseignes (Manor, Coop, Migros et Globus notamment) écoulent chaque jour une partie de leurs denrées proches de l’expiration sur l’application Too Good To Go. Les consommateurs connectés peuvent récupérer, pour une somme souvent modique, un panier composé d’invendus du supermarché ou du restaurant de l’enseigne – avec parfois la possibilité d’opter pour un assortiment végétarien. Toutefois, le contenu exact du lot bradé n’est pas connu au moment de la réservation: mieux vaut y aller sans trop d’attentes, au risque de voir les produits ainsi sauvés finir quand même à la poubelle. La rapidité est aussi de mise, le nombre de paniers mis en vente chaque jour étant très limité.
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