Smartphones

Des jeux faussement gratuits sur iPhone

Dans "Les Simpson : Springfield", on peut se gaver de donuts virtuels sans risque pour son cholestérol. On ne peut pas en dire autant de son porte-monnaie…

Archive · 09 octobre 2012

Photomontage Shutterstock.com/Electronic Arts

Homer Simpson s’empiffre de donuts dans la salle de contrôle de la centrale nucléaire de Springfield, tout en pianotant fiévreusement sur son smartphone. Pris par un jeu vidéo, il achète à tour de bras des bonus, s’exclamant finalement : « Mince, j’ai déjà dépensé cent dollars ! Je dirais que c’est mes gosses. »

La blague figure dans le petit film d’intro du jeu Les Simpson : Springfield, disponible sur iPhone et iPad. Elle risque de faire rire jaune les parents. Car ce jeu, prétendument gratuit, est une chausse-trappe pour le porte-monnaie : le joueur peut en effet acheter des bonus – en l’occurrence des donuts - via l’iTunes Store. Or, pour ces pâtisseries virtuelles, il faut débourser de l’argent bien réel : 10 francs pour un lot de 132 donuts, 100 francs pour 2400…

De quoi s’étrangler avec la facture. Surtout quand on laisse son enfant aux commandes : c’est ce qui est arrivé à un habitant de Petit-Lancy, dont la petite fille de 9 francs a déboursé 148 francs en pâtisserie! Et Les Simpson n’est pas le seul jeu incriminé: citons aussi Dino Zoo, Pet Shop Story, Go Cheese, Splat The Rat ou Social Girl. Tous ces titres ont fait l’objet de plaintes auprès de la Permanence de la FRC. Record homologué : une petite fille de 6 ans a dépensé 3000 francs en 4 jours!

Responsabilité parentale

Dans beaucoup de cas, les parents ont donné leur mot de passe à leur progéniture, qu’ils ont laissée sans surveillance. Dans d’autres cas, c’est plus délicat : en effet, une fois qu’on a entré son mot de passe, il reste valide pendant 15 minutes, le temps de vider la carte de crédit dans l’iTunes Store…

Mais dans les deux situations, le résultat est le même : un mineur ne peut certes pas conclure de contrat, mais puisque la carte de crédit est au nom des parents, il est difficile de faire opposition. « Certes, la responsabilité des parents est engagée, mais il n’empêche que le procédé est pervers, tempête Valérie Muster, responsable de la Permanence de la FRC. On a affaire à des jeux ciblés enfants qui permettent d’acheter du contenu en ligne, c’est éthiquement incorrect. »

Ces jeux, ce sont les « free to play », particulièrement répandus sur smartphones et tablettes. C’est un nouveau modèle d’affaires: ils sont gratuits, mais se financent via les micro-transactions intégrées dans le jeu – par exemple l’achat de bonus pour progresser plus vite. Il y a 18 mois, Smurfs’ Village avait déjà défrayé la chronique.

Du côté de l’industrie, on s’estime couverts : « L’iPhone, l’iPod et l’iPad intègrent tous un outil robuste de contrôle parental », souligne Andrea Brack, porte-parole d’Apple Suisse. Idem pour Electronic Arts, éditeur des Simpson, qui estime que le jeu est suffisamment protégé – mais recommande toutefois aux parents de surveiller leur progéniture...

Nouvelle donne

« C’est une problématique nouvelle, liée à la dématérialisation, relève encore Nicolas Akladios, vice-président de la Swiss Interactive Entertainement Association (SIEA), lobby suisse du jeu vidéo. Il n’y a plus de contact physique, il ne s’agit plus d’un gamin qui entre dans un magasin et à qui on peut dire non. » Autrement dit, comment savoir qui se cache derrière la carte de crédit ?

Nouveauté oblige, la SIEA n’a pas encore de position officielle sur la question. Mais pour Nicolas Akladios, cela passe encore et toujours par l’éducation des parents. Ce qui ne signifie pas que l’industrie s’en lave les mains. Elle s’implique, notamment dans la signalétique des jeux.

Prenons le cas des Simpsons. Dans l’App Store, l’âge conseillé est de 12 ans et plus. Mais cela ne reflète que le contenu du jeu : allusion à l’alcool, au tabac, humour vulgaire, etc. « Peut-être doit-on aller au-delà, imaginer une catégorisation qui ne prenne pas en compte que le contenu, mais aussi la possibilité de transactions commerciales ? », suggère le vice-président de la SIEA. Un tel jeu se retrouverait automatiquement classé « 16+ » : « Cela serait une bonne façon d’attirer l’attention des parents. »

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