Écolo ou pas
Des huiles essentielles pour le nettoyage de printemps?
Elles s’imposent souvent comme l’ingrédient naturel par excellence des produits ménagers faits maison. Mais quel impact environnemental ont ces essences?
03 mars 2026
Photo: Jean-Luc Barmaverain (archives)
Laurianne Altwegg
Responsable Environnement
Comme pour tout produit issu de plantes, la fabrication des huiles essentielles nécessite eau, énergie, intrants et surfaces agricoles. Mais comme elles sont extrêmement concentrées, d’énormes quantités de végétaux sont nécessaires pour quelques millilitres: par exemple, 150 kilogrammes de fleurs de lavande pour 0,9 litre de distillat.
Avec une demande mondiale en forte hausse – la production aurait triplé entre 1990 et 2017 –, les risques de surexploitation augmentent, surtout pour les espèces rares ou difficiles à cultiver. Cela peut aussi concurrencer la production alimentaire. L’empreinte environnementale varie toutefois fortement selon la plante et sa localisation. Les champs de lavande se situent plutôt dans des zones peu favorables à l’agriculture vivrière. Les huiles d’agrumes valorisent quant à elles des sous-produits de fruits destinés à l’alimentation, ce qui améliore leur bilan.
Du côté de la biodiversité, les atteintes dépendent largement du mode de production (biologique, par exemple) et des pratiques de transformation. Dans certains pays, la distillation est alimentée au bois, ce qui contribue à la déforestation.
Se pose finalement la question de l’impact après utilisation, car beaucoup de ces huiles contiennent des molécules toxiques pour les organismes aquatiques. Leur rejet dans l’environnement est certainement limité par le passage des eaux usées par les stations d’épuration, mais les données manquent pour le confirmer.
En bref, vu leur impact, les huiles essentielles devraient être choisies uniquement pour leurs substances actives et non utilisées comme parfum. D’autant que leur odeur s’estompe très vite du fait de leur volatilité. Même si on aime quand le ménage «sent le propre», les solutions les plus efficaces et écologiques restent le vinaigre, le savon noir et le chiffon microfibre.
Pour aller plus loin:
- Ecotoxicology.fr, articles de Vivien Lecomte vulgarisant les études sur le sujet (2024): « Huiles essentielles et autres produits à base de plantes: quel risque pour l’environnement? » et « Les huiles essentielles sont-elles écologiques? »
- Ferraz, C.,A., Ramiro Pastorinho, M., Palmeira-de-Oliveira, A., Sousa, A. C. A. (2022) : « Ecotoxicity of plant extracts and essential oils: A review. Environmental Pollution », Environmental Pollution, Volume 292
- Fédération romande des consommateurs, enquête de Sandra Imsand (2017): « Santé | Huiles essentielles: conseils déroutants, voire dangereux »
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Conseils
Solutions sans risque
PUBLICS À RISQUES | La forte concentration des huiles essentielles en composés actifs ne doit pas être prise à la légère. Utilisées de façon inadéquate, elles peuvent être dangereuses, notamment pour les femmes enceintes, les jeunes enfants ou les personnes sensibles. Les animaux domestiques sont aussi vulnérables. Autant se tourner vers des solutions sans risque ni impact écologique pour rafraîchir l’air intérieur si aérer ne suffit pas.
SPRAY D’AMBIANCE | Privilégier les écorces d’agrumes récupérées après consommation ou d’autres d’ingrédients odorants tels que bâtonnets de cannelle ou plantes aromatiques (romarin, basilic). Les faire bouillir quelques minutes libérera leurs arômes. Une fois refroidie, l’eau sert de base à un spray d’ambiance maison.
POT-POURRI | Faire sécher les mêmes ingrédients et les utiliser sous forme de pot-pourri ou les glisser dans des sachets de plantes séchées pour parfumer les armoires et les tiroirs.
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