Viande

Des clones dans les assiettes

Il y a dix ans, "Dolly" naissait en Ecosse. Rejeté au nom de l'éthique, le clonage fait son apparition dans l'élevage.
Alimentation … Sécurité alimentaire

Archive · 08 janvier 2009

Inutile, coûteuse, éthiquement discutable et pourtant inévitable: la présence dans les étals de viande issue d'animaux clonés ne peut-être exclue en Suisse. Le clonage a beau être interdit hors des activités de recherche, il n'y aura bientôt plus grand-chose à faire pour éviter de manger de la viande et du lait issus d'animaux générés par des clones.

Dans un marché globalisé, c'est par l'intermédiaire de la vente de semence, notamment, que des descendants directs ou indirects de clone peuvent naître en Suisse. La législation n'impose pas de restriction quant à leur commercialisation. "Légiférer sur cette question créerait un faux sentiment de sécurité, avertit Matthias Schelling, gérant de la faîtière des éleveurs bovins, car il n'y a de toute façon aucun moyen de distinguer les copies, et encore moins leurs descendants, des originaux clonés."

Le clonage reproductif du bétail est encore marginal. Très cher, il est discutable notamment parce qu'il provoque beaucoup de malformations ou d'avortements spontanés. Du coup, les consommateurs n'en veulent pas. Une étude européenne montre que 58% des Européens estiment que le clonage à des fins de production alimentaire ne se justifie pas. Et les milieux de l'agriculture sont plus que réticents: en Suisse, les bases légales interdisent la production, mais pas l'importation de ces animaux, de leur descendance, de la viande et du lait qui en sont issus.

Pour l'Office fédéral de la santé publique, les évaluations de risque menées en Europe et aux Etats-Unis concluent à la probable absence de risque sanitaire et ne légitiment pas l'interdiction; quant à l'étiquetage obligatoire, minimum souhaité par les organisations de consommateurs, il est rejeté en raison de l'absence de technique en permettant le contrôle. Lors d'une réunion organisée par l'OFSP fin octobre, tant les éleveurs que les consommateurs ont affirmé leur rejet du clonage et la nécessité de trouver une solution praticable. D'autant que l'utilité du clonage n'est de loin pas avérée: de tout temps, la sélection a permis aux agriculteurs d'améliorer leur cheptel de génération en génération. Pour Matthias Schelling, cloner revient à se priver de ce progrès en faisant la copie de ce qui existe déjà.


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