Consommation durable

Défi: elles refusent de laver leurs jeans

Elles n’ont pas lavé leur pantalon depuis un an et en sont fières. Deux Genevoises racontent.

Enjeux collectifs Impact environnemental Maison et loisirs Énergie Textiles

Archive · 04 septembre 2018

A l’automne 2017, les Universités de Genève et de Lausanne, en collaboration avec Terragir, se sont inspirées de «Nobody was dirty», thèse de philosophie de l’Australienne Tullia Jack, afin de lancer un défi à quinze Romands: porter un jeans un mois sans le passer en machine! Cela pour démontrer que laver ses vêtements trop fréquemment serait inutile. Vraiment? Retours plus que positifs de Sarah Duvillard et Catherine Aymon.

Comment s’est déroulé ce défi pour vous?

CA Après avoir choisi notre jeans dans un petit magasin, nous avons dû le porter cinq jours sur sept durant un mois, non sans avoir été auparavant informées du but de l’expérience, de son contexte et de ses exigences.

SD Résultat, après ces quatre semaines, on s’est dit que l’on pourrait prolonger le défi sans problème. On n’a jamais eu le sentiment d’être sale. Mais plutôt l’impression que le vêtement s’était adapté à notre corps.

CA Pour une raison qui m’échappe, mes autres paires se salissent, elles. Tandis qu’avec ce jeans, on ne ressent même pas le besoin de le mettre à la machine. D’ailleurs, ceux du défi n’ont jamais été lavés!

Qu’en a pensé votre entourage?

SD Certains m’ont demandé pourquoi je m’infligeais ça, d’autres m’ont reniflée! Mais au final, cela a amené des discussions, de l’intérêt.

CA Il a pourtant été difficile de convaincre les gens de faire pareil, alors que le constat de tous les participants a été le même: ces jeans ne semblent pas du tout crasseux!

Est-ce que votre attitude a changé?

SD J’aère beaucoup plus mes vêtements avant de les ranger. Et lorsqu’il y a une tache, je ne lave qu’elle avec un peu d’eau et une brosse, plutôt que de mettre le vêtement au sale. Depuis, je fais une lessive toutes les trois semaines, à 30 °C principalement, parfois à froid.

CA J’ai aussi réduit la chaleur, ainsi que la quantité de détergeant. En espaçant aussi les lessives, j’ai donc dû m’acheter de nouveaux sous-vêtements! (Rires)

Avez-vous transposé le défi à tous vos habits?

CA Je ne l’aurais pas réalisé avec une blouse. Et puis il faut adapter le challenge à son quotidien; si l’on fait de la peinture, que l’on a des enfants, un chien… on voit la chose différemment.

SD C’est pour cela qu’il faut aussi penser à protéger ses habits, à les respecter!

Qu’avez-vous appris au travers de cette expérience?

CA Pour avoir vécu en Amérique du Sud, une vie axée sur son jour de lessive, le risque de ne pas être propre, m’a toujours choqué. Le défi m’a confortée dans mon opinion.

SD Ici, nous avons des idées préconçues sur la propreté et la saleté: l’expérience aide à apporter une autre vision. Peut-être aussi à accepter les odeurs corporelles naturelles… jusqu’à une certaine limite!

Lire aussi Une lessive en moins... une heure de gagnée.

Cet article est paru dans le magazine FRC Mieux choisir sous le titre «Jeans challenge relevé!»

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