Régime

De la poudre aux yeux

Espérer un miracle des substituts de repas, n’y comptez pas. Fortement déconseillés aux adolescents, ils génèreraient aussi un effet yoyo.
Santé Alimentation Nutrition

Archive · 01 juillet 2014

Le recours aux succèdanés de repas: la voie royale pour sombrer dans les régimes yoyo. Photo: nenetus/shutterstock.com

Dès le retour des beaux jours, les substituts de repas – et la publicité qui les accompagne – apparaissent dans les rayons des magasins et des pharmacies. Sous forme de poudres à diluer, salées ou sucrées, de barres ou de biscuits parfumés au chocolat ou à la fraise, il y en a pour tous les goûts et de toutes les marques: Modifast, Protiline ou Kot, pour ne citer que les plus représentées sur le marché. Enjôleur, l’emballage laisse augurer un certain plaisir gustatif pour qui a décidé de s’astreindre à un régime strict.

Au prix fort

Or la monotonie des goûts n’a d’égale que la consistance uniformisée, pour ne pas dire insipide, de ces «mets»  liquides apportant en moyenne quelque 250 kcal par portion. «Un plat du jour classique en contient entre 400 et 600», relève Véronique Di Vetta, diététicienne diplômée à la Consultation de prévention et de traitement de l’obésité du CHUV, à Lausanne. La diète est donc sévère, et surtout fortement déconseillée, du moins pour les adolescents des deux sexes ou les femmes enceintes.

Alors que faire pour bien faire? D’abord, abandonner l’idée qu’il existe un régime miracle. Les jeunes en pleine croissance ont besoin de repas équilibrés. Si un surpoids s’est déjà installé, le premier objectif consiste à le stabiliser en modifiant le régime alimentaire et en introduisant des activités sportives. «Avec eux, il est également important de travailler l’image corporelle», note la diététicienne. Celles et ceux qui consultent ont souvent recouru, sans succès, à ces méthodes, qu’ils en aient besoin ou non, ce qui génère un sentiment d’échec.

Ces adolescents ont en effet tendance à s’identifier aux stars des magazines. Le poids de l’image – parfaitement retouchée par Photoshop – est à l’origine de bien des privations et des mauvais traitements que l’on s’inflige pour répondre aux canons de la mode. Au prix fort pour la santé et pour le porte-monnaie, car ces poudres de perlimpinpin valent leur pesant d’or: Modifast, l’une des marques les plus représentées sur le marché, vaut une trentaine de francs l’emballage de huit sachets, soit 3 fr. 80 pour un «repas» qui apporte à peu près les calories d’un yogourt.

Certes, la composition de ces substituts est correcte d’un point de vue nutritionnel, puisqu’ils contiennent des vitamines, des protéines et des sels minéraux en quantités adaptées. «Mais ils n’égalent pas l’apport d’un repas, notamment en fibres, ni en matière de diversité sensorielle, souligne Véronique Di Vetta. Et comme les consommateurs les avalent très rapidement, sans mastication, souvent debout, ils n’ont pas l’impression d’avoir mangé d’un point de vue émotionnel.» Ces succédanés de nourriture n’apportent donc qu’un sentiment éphémère de satiété. Quelques heures après les avoir ingérés, le risque est grand en effet de se ruer sur des aliments riches en sucres. Aux yeux des professionnels de la santé, le recours à ces produits, surtout par des jeunes, est donc une voie royale pour sombrer dans les régimes yoyo. On perd rapidement du poids, que l’on reprend tout aussi vite, avec souvent, en prime, quelques kilos de plus.

Voir notre enquête sur la vente de substituts de repas en pharmacie

Voir notre article sur les adolescents et les régimes

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