Future ordonnance

Caisses-maladie toujours trop peu contrôlées

Le risque de primes payées en trop et de réserves excessives n'est pas écarté par le projet d'Ordonnance sur la surveillance de l'assurance de base. De plus, il légitime la publicité et le courtage, alors qu’il s’agirait de les interdire.

Archive · 06 juillet 2015

Shutterstock / Dragon Images

La Fédération romande des consommateurs (FRC) défend activement les intérêts des assurés/payeurs de primes et attend du Conseil fédéral  qu’il se donne rapidement les moyens de contrôler enfin les activités et les comptes des assureurs, tant dans le secteur de l’assurance-maladie sociale que dans celui des assurances-maladies complémentaires privées.

Or, l’Ordonnance sur la surveillance de l’assurance-maladie sociale (OSAMal),  dont la procédure d’audition prend fin mercredi 8 juillet, ne respectent pas les promesses faites lors de la campagne menée contre la caisse publique l’an dernier. Et c’est hélas la seconde fois, car le Parlement a aussi adopté le 26 septembre 2014 une version de la Loi sur la surveillance de l’assurance-maladie sociale (LSAMal) nettement plus souple pour les assureurs que le projet initial, à l’image donc de cette ordonnance qui est son corollaire.

La  FRC salue les dispositions obligeant les assureurs à soumettre pour approbation leurs statuts et les diverses conditions générales des formes alternatives d’assurances à un organe de contrôle. En revanche, il est irréaliste d’espérer contrôler l’activité d’une soixantaine de caisses-maladie en ne prévoyant, à priori, que trois ou quatre postes supplémentaires.

L’ordonnance ne séparera clairement pas la base et les complémentaires. Elle permet au contraire, via les groupes d’assurances, de multiples combinaisons, accentuées également par les possibilités de réassurance.

Un plafond de réserve fixé à 200% est une porte ouverte à la constitution de nouvelles réserves excessives. Rappelons que, contrairement au 2e pilier, l’assurance-maladie sociale est un système de redistribution et non de capitalisation! La quantité d’articles concernant les placements financiers autorisés par les assureurs sont d’ailleurs assez surprenant dans le contexte.

Enfin, exiger que les frais de publicité et les commissions versées aux intermédiaires figurent dans les frais administratifs revient à légitimer deux pratiques dont les assurés et payeurs de primes sont souvent victimes.

Cette ordonnance est indispensable et il est urgent de la mettre en œuvre. Mais pour qu’elle soit réellement efficace,  la FRC demande qu’elle soit expurgée de tous les éléments lui empêchant d’atteindre ses objectifs, soit une meilleure surveillance, des primes justes et la transparence.

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