Animaux de compagnie

Ça coûte combien, docteur?

Presque 60% des cabinets vétérinaires n’affichent pas clairement leurs tarifs. Un manque de transparence qui empêche la comparaison des prix et des prestations.
Santé Prestataires de soins Maison et loisirs Badge

05 novembre 2013

Photo: Jean-Luc Barmaverain

«Bonjour, je viens d’emménager dans le coin et je cherche un vétérinaire pour mon chat.» Cette entrée en matière a permis à quinze de nos enquêteurs bénévoles de se rendre incognito dans 48 cabinets de Suisse romande. But de l’opération: vérifier que ces professionnels de la santé animale affichent, de manière lisible et facilement consultable, les tarifs des prestations vétérinaires. Une transparence exigée depuis avril 2012, date de la révision de l’Ordonnance sur l’indication des prix.

Or, dans presque 60% des cas, aucune affichette n’était visible, que ce soit à la réception ou dans la salle d’attente. Afin d’étoffer cette première impression, les enquêteurs ont ensuite demandé une liste de prix, possibilité également préconisée par les directives du Secrétariat d’Etat à l’économie (Seco). La proportion des bons élèves s’amenuise encore, puisque seulement 20% des cabinets ont fourni une feuille préimprimée ou l’ont «printée» à l’intention de notre client mystère. Encore plus rare: les vétérinaires (8%) qui publient une liste de prix sur internet.

Des consultations de 25 à 71 francs

Un manque de visibilité pour les consommateurs d’autant plus handicapant que la branche connaît des écarts de prix très sensibles. Ainsi, dans les cabinets visités, le tarif d’une consultation de base peut varier de 25 à 71 francs! Dans le détail, les différences sont moins marquées dans les cantons plus ruraux – Fribourg ou Valais – que dans des régions urbaines comme Genève, où les prix élevés, charges plus importantes obligent, sont aussi en moyenne plus conséquents. Idem en ce qui concerne les tarifs pour la stérilisation d’une chatte, de 150 à 292 francs selon les cantons.

Factures obscures

Si on peut se réjouir que la concurrence fonctionne – voulue par la Commission de la concurrence, qui a supprimé les tarifs conseillés par la Société vétérinaire suisse (SVS) en 2004 –, les propriétaires d’un animal de compagnie manquent cruellement de base de comparaison. Et cela aussi bien au niveau des coûts que des prestations.

«Le manque de transparence dans le domaine des services vétérinaires est connu, confirme Tobias Binz, collaborateur scientifique auprès du Surveillant des prix. Les propriétaires reçoivent trop souvent une facture globale, alors qu’une tarification détaillée et standardisée faciliterait la comparaison.»

Tant du côté de la SVS que du Seco, les résultats de notre enquête surprennent. «Nous avons pourtant largement sensibilisé la branche, qui a montré une réelle volonté d’améliorer la situation», relève Guido Sutter, chef du secteur droit du Seco. En attendant mieux, c’est encore aux consommateurs de se renseigner sur les tarifs et les prestations qu’ils englobent. A titre indicatif, une consultation de base dure en général une quinzaine de minutes pour un examen clinique qui comprend la pesée de l’animal, l’écoute au stéthoscope du cœur, de l’estomac et des poumons, l’examen des oreilles et de la dentition, la palpation de l’animal, la prise de température et l’établissement d’une fiche avec les informations relevées.

Coup de sonde indicatif auprès de 50 cabinets romands

Consultation
santé de base

Stérilisation

Fribourg

Prix min. 30.- 150.-
Prix max. 41.- 190.-

Genève

Prix min. 50.- 220.-
Prix max. 66.- 292.-

Jura

Prix min. 25.- 175.-
Prix max. 40.- 180.-

Neuchâtel

Prix min. 35.- 191.-
Prix max. 71.- 261.30

Vaud

Prix min. 33.- 155.-
Prix max. 58.10 180.-

Valais

Prix min. 33.- 155.-
Prix max. 44.- 180.-

Tableau en version PDF imprimable: FRC_MC_63 comparatif prix veto

Eau potable
Enquête en eaux troubles

6 mois d'enquête. Seules 10% des communes fournissent une  information claire sur l'eau potable. Et pourtant la loi les y oblige. La FRC provoque le changement. Les débats sont en cours à Berne.
LA-SMG

Continuer ma lecture

Sucreries aux caisses - hero

Sucreries aux caisses

99% des aliments pour enfants vendus aux caisses sont déconseillés par l’OMS

Les caisses des supermarchés exposent massivement les consommateurs, en particulier les enfants, à des produits malsains. La FRC a analysé plus de 2500 denrées situées près des sorties de 30 magasins en Suisse romande. Face à l’augmentation préoccupante du surpoids et de l’obésité chez les jeunes, il est urgent de prendre des mesures afin de modifier ce marketing irresponsable.
04 mars 2026 Sucreries aux caisses, stop!
Doudous aux PFAS
Membre

Polluants éternels

Les doudous, encore une source d’exposition aux PFAS

Dans un test mimant la réalité, dix-huit modèles relâchent des substances per- et polyfluoroalkylées dans la salive des bébés. Un tiers d’entre eux le font à des niveaux préoccupants ou à surveiller.
03 mars 2026
Conforama

Prix barrés

1,5 million de francs pour de fausses actions: les dessous d'une saga judiciaire

Le public suisse est friand d'actions et d'offres promotionnelles, d'autant plus qu'elles sont fréquentes. Ce qu'il ignore souvent, c'est qu'elles sont peu régulées. Mais quand elles se révèlent fausses, elles deviennent aussi l'une des sources principales de plaintes à la FRC. Au point de pousser l'association à enquêter dès 2016 pour mettre fin à ces pratiques. Un effort qui aboutit à une condamnation de Conforama, sur le point de verser un montant historique de 1,5 million de francs à l'État de Vaud pour compenser les gains indus réalisés via des promotions trompeuses. À l'occasion du 15 mars, la Journée des droits des consommateurs, la FRC raconte les coulisses d'une saga judiciaire inattendue de plus de dix ans et pleine de rebondissements.
14 mars 2026 Fausses actions