Contrefaçon

Une journée avec les douaniers

Chaque année, des milliers de montres contrefaites, des copies de sacs à main de luxe et de faux médicaments sont saisis en Suisse. Reportage à l’aéroport de Cointrin.
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Archive · 02 juillet 2013

Photo: Jean-Luc Barmaverain

En 2012, les douanes suisses sont intervenues plus de 5400 fois pour lutter contre les importations de contrefaçons. Que ce soit auprès de voyageurs ou dans les halles de fret, où arrivent les palettes de marchandises, ces saisies sont en constante augmentation depuis 2008, année où les douanes ont été autorisées à intervenir auprès des touristes. «Aujourd’hui, tout se copie, donc tout est copié», note Christophe Darbellay, chef de subdivision à l’Administration fédérale des douanes à l’aéroport de Genève.

Le luxe français et italien, des proies de choix

Les objets les plus imités? Plus de la moitié sont des sacs à main et autres articles de maroquinerie, pour la majorité en provenance de Chine. Et, en effet, la panoplie retirée en une seule journée en ce mois de mai auprès des touristes à l’aéroport de Cointrin se compose de sacs, de chaussures, de ceintures et de bagages, souvent en cuir, imitant des marques de luxe italiennes et françaises.

Un plagiat pas toujours maîtrisé… Le personnel qui contrôle ces marchandises ce jour-là montre une paire de sandales déjà toutes gondolée par l’encollage, des coques pour smartphone recouvertes de logos certes célèbres mais n’ayant jamais figuré dans un catalogue officiel, des chemises de sport dont la couleur déteint déjà sur les mains des douaniers…

Christophe Darbellay explique qu’avec l’expérience son équipe apprend facilement à distinguer le faux du vrai, «mais la qualité des copies s’améliore de plus en plus, en particulier en ce qui concerne les montres». La stratégie d’interception comprend également une analyse des risques. La provenance des touristes est ainsi scrutée; les vols au départ de la Turquie, notamment, étant plus propices pour débusquer des marchandises délictueuses.

Un fléau pesant plusieurs milliards

Mais la lutte contre la contrefaçon n’étant pas l’activité principale des douanes, le fléau n’est donc pas près de s’arrêter. De plus, l’administration, qui n’intervient qu’à la  demande des marques, ne peut pas infliger directement d’amendes aux consommateurs.

Certaines entreprises ne sont d’ailleurs pas intéressées par les articles contrefaits ramenés par les voyageurs, et se concentrent sur les grosses cargaisons, qui arrivent également par camion. «Certains transporteurs collaborent particulièrement bien avec notre administration, poursuit Christophe Darbellay. Dans le cadre de leur domaine d’activité, ils sont habilités à ouvrir les paquets et, dès qu’ils ont un doute, ils nous les transmettent. Si nous estimons qu’il  s’agit d’un faux, nous informons le représentant de la marque et conservons la marchandise pendant dix jours.»

L’horlogerie, une cible de choix

En Suisse, une industrie particulièrement sujette à contrefaçon est évidemment l’horlogerie. Michel Arnoux, de la Fédération horlogère suisse, ne cache pas qu’internet et la facilité à acheter en ligne, incognito, a dopé les ventes de fausses montres. «La petite taille du produit se prête particulièrement bien à un envoi par La Poste ou les entreprises de courrier», note-t-il. Les faussaires spécialisés opèrent principalement depuis Hongkong et livrent dans le monde entier. Chaque pièce saisie en Suisse est transmise à la fédération pour analyse puis détruite.

Les douanes facturent leur travail entre 100 et 150 francs par montre, et la fédération facture à son tour 250 francs à l’importateur, cela afin de couvrir les frais administratifs. L’affaire s’arrête là quand l’importateur n’est pas un récidiviste. Dans le cas d’importation «par métier»,  ce dernier est poursuivi d’office.

Enfin, Lukas Lüthi, secrétaire central de l’association Stop à la piraterie, une initiative des autorités et de l’économie contre la contrefaçon, indique que ces interventions ne sont bien sûr que la pointe visible de l’iceberg. L’an dernier, la valeur des marchandises contrefaites et saisies équivalait à 6,1 millions de francs. Mais le montant des objets contrefaits et importés en Suisse s’élève probablement à plusieurs milliards.

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