Mobilité

Transports publics

Entre hausse des prix, refonte du système tarifaire et développement des infrastructures, les défis auxquels sont confrontés les transports publics sont nombreux. La FRC se bat pour une offre développée et des tarifs justes.

22 avril 2026

Sommaire

Contexte

Un car postal jaune gravissant un col, un train filant à grande vitesse le long d’un lac, un téléphérique surplombant une vallée verdoyante: les transports publics font partie du paysage helvétique. Mais derrière cette image idyllique se cachent de nombreux défis. Et surtout un équilibre complexe à trouver: proposer des transports publics à des prix justes, tout en garantissant des revenus suffisants pour financer la maintenance et le développement de l’infrastructure.

Une fréquentation en hausse

Entre 2000 et 2024, la part de tous les déplacements motorisés de personnes due aux transports publics est passée de 17,2% à 22,9% (chiffres de l’Office fédéral de la statistique). Les coûts pour les trafics ferroviaire et routier (voyageurs uniquement, sans les marchandises) est passé de 12 471 milliards de francs en 2010 à 15 620 en 2022. Quant aux recettes pour les chemins de fer et le transport routier réunis (y compris pour les marchandises), elles ont augmenté de 11 174 milliards de francs en 2010 à 15 318 en 2022. Dernier chiffre intéressant: le nombre de personnes-kilomètres – une personne-kilomètre correspond à un kilomètre parcouru par une personne – a lui aussi augmenté, passant de 23 734 millions en 2010 à 28 326 en 2024. 

Tarifs

Entre 2000 et 2025, l’inflation cumulée en Suisse a été de plus de 15%. Parallèlement, les tarifs des transports publics ont augmenté en moyenne de plus de 37%. Ainsi, l’abonnement général adulte 2e classe est passé de 2800 francs à 3995 francs, soit une hausse de 42%. Le prix du demi-tarif a connu une croissance moins vertigineuse, de 150 à 170 francs, ce qui correspond à un peu plus de 13% d’augmentation. Dernier exemple: le coût d'un billet plein tarif aller simple Berne Zurich est passé de 31 à 53 francs, soit plus de 70% de hausse.

Étapes du développement

Après une période de latence, la Suisse a repris dès les années 1990 de grands travaux pour développer son infrastructure ferroviaire. Bref état des lieux.

  • Rail 2000: la construction d’un nouveau tronçon à grande vitesse entre Mattstetten (BE) et Rothrist (AG) sur la ligne Berne-Zurich a permis d’améliorer l’offre des trains longue distance, en réduisant les temps de parcours entre les plus grandes villes alémaniques. Coût de cette étape: 5,4 milliards de francs.
  • ZEB: Le «développement de l’infrastructure ferroviaire» fait suite à Rail 2000. C’est notamment à cette phase que l’on doit les travaux ayant permis de faire circuler les trains à deux étages entre Genève et Saint-Gall et entre l’Arc lémanique et le Valais. Coût du projet: 4,8 milliards de francs. A noter que le ZEB a été réévalué à la suite de la votation de 2014 sur le Fonds de financement et d’aménagement de l’infrastructure ferroviaire (FAIF) et réalisé partiellement en même temps que l’étape d’aménagement 2025.
  • PRODES, étape d’aménagement 2025: c’est la première phase du nouveau Programme de développement stratégique de l’infrastructure ferroviaire (PRODES). Le but est de fluidifier le trafic et de supprimer des goulets d’étranglement. Parmi les nombreux travaux, la gare souterraine de Genève ou le doublement de la voie le long du lac de Bienne. Coût de l’étape: environ 6,8 milliards de francs.
  • PRODES, étapes d’aménagement 2035: c’est la deuxième phase du Programme de développement stratégique de l’infrastructure ferroviaire. Plus de 200 aménagements d’ampleur différente sont prévus, dont la liaison directe Neuchâtel-La-Chaux-de-Fonds, le doublement de la voie sous le Lötschberg, le nouveau tunnel Morges-Perroy ou encore la modernisation de plusieurs gares. Coût de l’étape: environ 16 milliards de francs.
  • PRODES, Perspective RAIL 2050: c’est en quelque sorte la vision du futur des chemins de fer en Suisse. Pour le moment, seules de grandes orientations sont à l’étude: développement du rail sur les courtes et moyennes distances et renforcement du transport national et international sur les longues distances là où le chemin de fer n’est pas encore compétitif par rapport au transport routier et aérien, entre autres.

La position générale de la FRC

Les transports publics ont la cote en Suisse. Les statistiques le montrent: de plus en plus de personnes délaissent leur véhicule privé au profit du bus ou du train. Malgré ce succès grandissant, les tarifs ont augmenté bien plus vite que l’inflation entre 2000 et 2025 (37% contre 15%). Dans un contexte où les loyers et l’assurance-maladie – notamment – grèvent toujours plus lourdement le budget de nombreux ménages, la FRC est globalement réticente à des hausses de prix des transports publics. Ceux-ci doivent rester largement accessibles. Tout en reconnaissant que trains, bus et bateaux ne sont pas gratuits et ont un coût, notre association estime que les besoins supplémentaires doivent davantage être financés via l’impôt plutôt qu’en mettant encore plus les usagers à contribution. 

En outre, les pouvoirs publics insistent sur le report modal, soit la réduction du trafic individuel motorisé au profit des transports publics. Or la Confédération a adopté des mesures d’économies qui contredisent cet objectif et inquiètent la FRC. Même si le Parlement a limité les coupes prévues, le budget dévolu au transport régional de voyageurs est insuffisant, ce que confirme l’Alliance SwissPass, la faîtière des entreprises actives dans le secteur. Une des conséquences: le prix des titres de transport augmente dès décembre 2026, au grand dam de la FRC.

Autre élément à surveiller: Transports ’45. Ce projet fait suite au rapport Weidmann, du nom de ce professeur zurichois mandaté par le Conseil fédéral pour déterminer les priorités en matière de transports. En Suisse romande, la modernisation de la gare de Genève, la liaison directe Neuchâtel-La-Chaux-de-Fonds et le tunnel Morges-Perroy sont plébiscités. Dans le trafic d’agglomération, des améliorations sont envisagées tant dans la région genevoise que lausannoise. En revanche, rien de significatif n’est prévu pour le moment pour le dédoublement complet de la ligne ferroviaire Renens-Genève ni pour les axes Lausanne-Fribourg-Berne et Lausanne-Vevey-Sion-Brigue. Pour des transports publics performants et attractifs, des investissements équilibrés entre les différentes régions de Suisse et adaptés aux besoins sont indispensables.

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