Epargne

Lehman Brothers: "L'ombudsman n'a pas fait son travail de médiateur"

L'avocat Matteo Pedrazzini, qui a assisté la FRC dans les négociations avec Credit Suisse, donne son éclairage sur les coulisses d'un coup de théâtre inespéré.

Archive · 28 avril 2009

La négociation avec le Credit Suisse est terminée. Etes-vous satisfait du résultat?
Il est exceptionnel et inespéré! Le chemin parcouru est incroyable. Rappelons que le Credit Suisse a commencé par refuser de nous recevoir. Aujourd'hui, 75% des membres touchés par la faillite retrouveront plus de la moitié de leur capital. Il faut relever la dimension sociale de l'accord, car les fortunes les moins importantes et les plus exposées sont rachetées à de meilleures conditions. En plus du règlement global, nous avons examiné cas par cas tous les dossiers, et nous sommes parvenus à des solutions spéciales pour un grand nombre de cas de rigueur, malgré le fait qu'ils n'entraient pas dans les critères retenus.

L'ombudsman des banques a-t-il joué un rôle dans cette négociation?
Non. Sa mission est de faciliter le rapport entre un client individuel et son banquier. Il a voulu se cantonner à ce rôle. Il aurait dû avoir le courage et la force de tenir le rôle d'intermédiaire entre la banque et le groupe de lésés. C'est ce que nous lui avons demandé, et, d'après nos informations, la banque souhaitait la même chose.

Son rôle doit-il être revu?
A mon avis, oui. Il ne fait pas vraiment son travail de médiateur. Il considère que sa fonction ne lui permettait pas d'intervenir. Si l'on s'en tient aux textes, il a raison. Mais la faillite de Lehman, c'est la plus grosse de l'histoire, et aussi la plus complexe à gérer. Dans un tel contexte, il faut sortir des sentiers battus et être un peu créatif!

L'accord fera-t-il aussi des mécontents?
Quelques inscrits ne sont en effet pas concernés par l'accord. Mais il s'agit de personnes dont la fortune est supérieure à 500 000 francs.


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