Audiovisuel

De la publicité dans le «replay»

Depuis le printemps dernier, visionner des programmes de la SSR en différé ne permet plus d’échapper aux réclames. En cause: un accord sectoriel que les opérateurs doivent appliquer. La seule solution pour y échapper? Payer un supplément.

Argent … Services Pub et arnaques … Marketing ciblé

03 novembre 2026

TV replay

La latitude pour échapper à la publicité en «replay» est restreinte. Mais les choses pourraient changer.

FRC

«J’ai le sentiment que le consommateur est une nouvelle fois pris pour une vache à lait. Non seulement Swisscom perçoit déjà un abonnement conséquent de notre part, mais il génère aussi des revenus publicitaires supplémentaires sur un service qui était fourni sans publicité jusqu’ici.» Ce membre fâché n’est de loin pas le seul à avoir témoigné de sa grogne à la FRC. Son courrier dénonce l’introduction de réclames dans la fonction «replay» (diffusion en différé).

Ce changement est le résultat d’un accord de branche qui concerne tous les opérateurs. Jusqu’au printemps dernier, regarder les chaînes de la SSR en «replay» permettait de sauter la publicité. Résultat: les revenus publicitaires étaient en chute libre et il a fallu trouver une solution, afin d’éviter une hausse générale des tarifs, justifient les acteurs de la branche.

Trois formats d’annonces

Depuis le 21 avril, les téléspectateurs doivent donc compter avec des publicités sur les chaînes de la SSR. Trois formats coexistent: au début du programme (Start Ad, jusqu’à trente secondes), lorsqu’ils avancent rapidement la publicité (Fast Forward Ad, un bloc publicitaire distinct et plus court) et en cas de mise sur pause (Pause Ad, une réclame statique sous la forme d’une image).

L’ensemble des abonnés ne semble cependant pas concerné. La raison? Tous les encarts publicitaires en «replay» sont certes mis en vente, mais ne trouvent pas toujours preneur. «Une publicité n’est diffusée que lorsqu’un emplacement a été commercialisé, dans les limites prévues par l’accord. Cela peut expliquer qu’un même client voie de la publicité à certains moments puis plus du tout, sans qu’aucune modification de son abonnement n’ait été effectuée», détaille la porte-parole de Swisscom, Alicia Richon.

Que faire alors si l’on ne souhaite pas de réclames? Mettre la main au porte-monnaie pour des options permettant de sauter la publicité (voir tableau)! «Ce que je trouve encore plus inacceptable, c’est le fait de devoir désormais payer un supplément pour supprimer ces publicités, alors qu’elles n’existaient pas auparavant, s’agace notre membre. Cette approche revient à dégrader volontairement un service déjà payé afin de facturer un retour à la situation initiale.»

Réponse de l’association suisse des réseaux de communication Suissedigital: «L’offre de chaînes disponibles est restée la même. En ce sens, on ne peut pas parler d’une dégradation des prestations.» L’organisme estime que les abonnés disposent d’une grande liberté de choix. En outre, «sans la possibilité de la télévision en différé, le Tarif commun 12 (qui concerne la télévision, ndlr) aurait dû être considérablement augmenté pour tout le monde.»

Du point de vue du consommateur, déjà soumis à de récentes hausses de tarifs indépendamment de cette disposition, la pilule passe très mal. Il se retrouve à payer davantage pour garder des prestations jusque-là garanties (passer outre la publicité). Et ce alors que la clientèle est, dans les faits, quasiment captive. Le choix d’un opérateur est limité et tout changement implique la perte de tous les contenus enregistrés sur sa box.

Le coût du confort sans publicité

 

OpérateurSwisscomSunriseSaltMigrosWingoYallo
Option sans publicitéReplay ComfortSkip AdsReplay 7 jours MaxReplay PlusTV Replay MaxTV Comfort
Prix par mois8.907.907.– / 10.95 
selon l'abonnement
8.908.907.95

Mieux protéger les consommateurs

À l’heure actuelle, la marge de manœuvre de la clientèle est donc restreinte. Mais les choses pourraient changer. Une motion vient d’être acceptée par le Conseil national, après avoir été soutenue par le Conseil fédéral. Le texte demande notamment que «les augmentations unilatérales de prix» ne soient autorisées que si «elles reposent sur des critères objectifs, transparents et préalablement indiqués dans le contrat».

Finies les clauses générales qui autorisent des augmentations de prix insuffisamment déterminables ou non justifiées. Elles seraient considérées comme abusives ou nulles. Un droit de résiliation simple serait garanti en cas de modification substantielle des prix. Et surtout, le fournisseur serait tenu de transmettre toutes les informations concernant la modification du contrat. Inutile de dire que la FRC invite le Conseil des États à adopter la motion et suivra attentivement le processus législatif ainsi que l’application de l’éventuelle nouvelle loi.

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