Alimentation
Nutri-Score
Le Nutri-Score permet aux consommateurs de comparer rapidement la qualité nutritionnelle de produits transformés de même catégorie entre eux, sans avoir à décrypter la liste d'ingrédients.
09 juillet 2026
La FRC et ses consœurs alémanique SKS et tessinoise ACSI militent pour l’introduction d'un système de ce type depuis des années et le choix s'est porté sur le Nutri-Score, système plébiscité par les consommateurs selon nos sondages.
Obtenu au moyen d’une formule validée par un comité scientifique indépendant, le Nutri-Score est calculé à partir d’une quantité de 100 g ou 100 ml de produit, en tenant compte d'éléments positifs, à savoir les nutriments recommandés (fruits et légumes, fibres, légumineuses, noix, certaines huiles et protéines) et d'éléments négatifs, soit ceux à consommer avec davantage de modération (sucres, sel, acides gras saturés, énergie). Le résultat est montré sur une échelle de cinq couleurs associées à des lettres de A à E.
Comme l’étiquette énergie qui permet de choisir un appareil en connaissance de cause, le Nutri-Score facilite la comparaison de produits transformés d'une même catégorie entre eux, comme par exemple les céréales ou les pizzas. Il ne constitue pas une recommandation nutritionnelle, l'objectif étant d'utiliser cet indicateur pour faire des choix éclairés et permettant d'équilibrer son assiette.
Soutenu par les autorités françaises, belges, espagnoles, allemandes, néerlandaises, luxembourgeoises et suisses, ainsi que par des groupes de médecins et des organisations de santé publique, il est révisé tous les cinq ans environ pour tenir compte des évolutions scientifiques.
En Suisse, le Nutri-Score est un système d’étiquetage volontaire: les fabricants sont libres de l'apposer ou non. Il est combattu par des groupes d’intérêts puissants, opposés à une information transparente ou estimant que cet indicateur défavorise certains produits. Malgré tout, près de 230 marques continuent de l'utiliser sur plus de 10'000 produits, comme le montre cette liste actualisée annuellement par l'OSAV. Afin que le Nutri-Score bénéficie réellement aux consommateurs, il est pourtant nécessaire qu'il figure sur tous les produits: c'est à cette condition qu'une comparaison sera réellement possible.
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2026 | Le combat continue
Fin 2025, la France échoue de peu à faire inscrire dans la loi l'obligation du Nutri-Score pour les fabricants de l'agro-alimentaire: le vote s'est joué à 3 voix près. Mais en 2026, une coalition transpartisane revient à la charge, avec une proposition de loi dans la même veine, qui demande également l'affichage du Nutri-Score dans les publicités alimentaires. Alors que certains industriels, comme Kellog's, se désengagent du logo suite à la mise à jour de l'algorithme qui pénalise leurs produits de pauvre qualité nutritionnelle - comme c'est son objectif -, la société civile reste plus que jamais mobilisée en faveur du Nutri-Score.
En juin 2026, l'ONG Foodwatch publie un avis de droit confirmant que les Etats membres de l'UE ont la possibilité d'imposer le Nutri-Score sur leur territoire, et cela sans se mettre en porte-à-faux avec le droit européen. A fortiori en Suisse, le logo pourrait être généralisé, si la volonté politique était là. La FRC et ses partenaires continuent de se mobiliser pour son utilisation obligatoire.
2025 | La Suisse à rebours, rendez-vous manqué pour l'UE
Nestlé retourne sa veste en décidant de retirer le Nutri-Score de ses marques vendues exclusivement en Suisse (par exemple Cailler, Thomy ou Nestea). Le fabricant explique, dans le même temps, continuer d'utiliser le logo dans le reste de l'Europe. A quel titre les consommateurs suisses se voient-ils refuser la transparence? L'entreprise regrette que les autres industriels n'aient pas suffisamment joué le jeu en Suisse. Elle déplore aussi le manque de soutien politique, alors que, comme le constatent régulièrement les associations de consommateurs, le public continue de plébisciter le Nutri-Score.
Au niveau européen, la Commission européenne renonce en mars 2025 à rendre obligatoire le Nutri-Score dans les Etats membres de l'UE, alors que cela avait été envisagé comme solution favorable à la santé des consommateurs depuis 2022. Comme le montre une enquête du Bureau européen des associations de consommateurs (BEUC), le logo est victime d'un lobbying intense et continu de la part des industriels, qui sont les seuls acteurs à s'opposer à sa diffusion.
2024 | Fabricants et parlementaires fuient leurs responsabilités
Valora, exploitant de kiosques, adopte le Nutri-Score.
Migros et Emmi reviennent en arrière et décident de retirer le Nutri-Score de leurs emballages. Danone leur emboite le pas, sur une partie de son assortiment. Une régression en matière de transparence et de protection de la santé des consommateurs.
Le Portugal adopte le Nutri-Score et rejoint ainsi la Suisse, la France, la Belgique, l’Allemagne, le Luxembourg, les Pays-Bas et l’Espagne dans la mise en place cet outil.
La motion contestant l’utilité du Nutri-Score revient sous la Coupole et est acceptée, contre l’avis de nombreux acteurs dont la FRC. Les parlementaires entérinent le principe d'un Nutri-Score facultatif, au bon vouloir des fabricants, et empêchent la Confédération de promouvoir activement ce logo favorisant la transparence en matière de choix alimentaires.
2023 | Menaces et réaction
L’utilité du Nutri-Score est débattue sous la coupole, notamment en raison de l’évaluation attribuée à certains produits du terroir. La FRC réagit.
L’Office de la sécurité alimentaire et des affaires vétérinaires ouvre un site dédié au Nutri-Score et marque ainsi davantage son soutien à cet indicateur.
La FRC publie une série de vidéos afin de poursuivre le travail d’information auprès des consommatrices et consommateurs.
Entrée en vigueur au 31 décembre 2023 des modifications de l’algorithme du Nutri-Score avec délai transitoire de deux ans.
2022 | Révision du Nutri-Score
L’algorithme à la base du Nutri-Score fait l’objet d’une révision afin de tenir compte des dernières évolutions scientifiques en matière de santé. Ces modifications entreront en vigueur le 31 décembre 2023, avec un délai transitoire de 2 ans.
Le Conseil fédéral publie un rapport sur l’efficacité du Nutri-Score en Suisse, accompagné du rapport scientifique établi par la Haute école spécialisée bernoise BFH HAFL sur mandat de l’Office fédéral de la sécurité alimentaire et des affaires vétérinaires.
2021 | Migros emboîte le pas
Migros annonce vouloir afficher le Nutri-Score sur tous ses aliments de marque propre.
2020 | Nestlé et d'autres adoptent le Nutri-Score
Nestlé annonce vouloir utiliser le Nutri-Score sur ses produits, rejoignant ainsi plusieurs leaders de l’agro-alimentaire et de la grande distribution, dont Danone. Aldi leur emboite le pas.
2019 | La Confédération s'engage
La Confédération, par le biais de l’Office de la sécurité alimentaire et des affaires vétérinaires (OSAV), annonce son soutien à la démarche initiée par la FRC et ses alliés SKS et ACSI en faveur d’un étiquetage nutritionnel. Le Nutri-Score sera par la suite soutenu par les autorités.
2018 | Quel système en Suisse?
La FRC et ses collègues de l’Alliance des organisations de consommateurs (SKS et ACSI) s’engagent en faveur d’un étiquetage nutritionnel coloré qui permette aux consommateurs d’évaluer facilement un produit. Le sondage effectué auprès des consommateurs révèlera une préférence pour le Nutri-Score.
2017 | Déclaration nutritionnelle en Suisse, mouvement en Europe
En Suisse, la déclaration nutritionnelle devient obligatoire. La loi contraint les fabricants à l’indiquer par 100g de denrée afin de permettre une comparaison des produits concurrents.
Un progrès, même si ces chiffres restent parfois difficiles à évaluer par les personnes non expertes en nutrition. De plus, contrairement à l’Union européenne, il n’est par exemple pas obligatoire en Suisse d’informer sur la teneur en sucres d’un aliment, alors que ce composant est reconnu comme contribuant au surpoids ainsi qu’aux maladies métaboliques.
En Europe, un pas supplémentaire, des couleurs pour un choix éclairé… Deux systèmes d’étiquetage colorés proposent d’aider les consommateurs à décrypter en un coup d’œil la qualité nutritionnelle des aliments composés. On les trouve sur la face avant des emballages en complément aux informations détaillées sur la face arrière.
Les feux tricolores britanniques qui mettent en évidence la teneur élevée ou basse de quatre nutriments-clés. Le est largement utilisé sur les emballages alimentaires en Grande Bretagne, depuis quelques années déjà.
Et le Nutri-Score français qui montre sur une échelle de cinq couleurs le résultat global de l’évaluation de plusieurs critères.
Suite à son adoption par le gouvernement français en 2017, plusieurs fabricants et distributeurs se sont engagés à l’utiliser dès 2018.
Dans le même temps, six grands fabricants européens ont commencé à élaborer leur propre système, inspiré du Traffic light. L’industrie défendant jusqu’alors l’inutilité d’un indicateur, au motif que les valeurs nutritionnelles étaient déjà présentes au dos de l’emballage, il est positif que ces entreprises aient reconnu qu’un étiquetage coloré apporte une réelle plus-value pour les consommateurs. Toutefois, l’étiquetage proposé est basé sur les portions… décidées par l’industrie elle-même. Une manière de cacher les informations nutritionnelles au lieu de les révéler.
«Viandes végé» passées au Nutri-score
Comment choisir, parmi 39 préparations sans viande, la composition la plus intéressante nutritionnellement parlant sans lire la liste des ingrédients? En apposant le Nutri-score sur la face avant du produit. Avec une signalétique claire sur l’emballage, la décision se prend bien plus aisément. La preuve en deux images et 39 références!
Comparer avec le Nutri-score
L'étiquetage clair permet de comparer des produits transformés de même catégorie entre eux. Quelques exemples.