OGM

De nouvelles substances issues d'OGM dans les rayons

De nouvelles molécules produites par des microorganismes génétiquement modifiés dans des fermenteurs pourront se retrouver dans des aliments vendus en Suisse, y compris dans des préparations pour nourrissons. Il n’est pas obligatoire que l’emballage indique ce mode de production et il n’y aura plus de liste officielle. Le consommateur ne pourra donc pas décider s’il veut acheter le produit ou y renoncer.

Alimentation Nourriture et boissons Sécurité alimentaire

Archive · 27 juillet 2020

Depuis le 1er juillet 2020, des nouvelles substances issues de micro-organismes OGM font leur entrée en Suisse, car la Suisse reconnaît maintenant automatiquement les nouvelles substances admises en Union Européenne. Il s’agit d’abord de molécules ajoutées dans des compléments alimentaires pour les articulations (glucosamine), pour la mémoire (citicoline), pour la performance sportive (L-analyl-L-glutamine) et pour la longévité (trans-resvératrol). Une autre substance est sensée aider à digérer le gluten. Enfin, trois sortes d’oligo-saccharose sont ajoutées dans du lait pour bébés dans le but de le rapprocher du lait maternel (lacto-N-tetraose, lacto-N-neotetraose, 2’-fucosyllactose/difucosyllactose). Les consommateurs n’auront aucune possibilité de savoir si ces nouvelles molécules sont issues du génie génétique - et donc potentiellement contaminées par des résidus indésirables comme des bactéries résistantes aux antibiotiques - ou non.

La FRC avait déjà dénoncé ce manque de transparence lors de l’introduction en Suisse d’enzymes issus de microorganismes génétiquement modifiés qui empêchent la crème glacée de fondre ou le pain de rassir. Les vitamines B2 et B12, deux sortes de ferments utilisés pour faire du fromage, ainsi qu’une autre destinée à réduire la formation d’acrylamide ont aussi été autorisées. Jusqu’à présent, ces substances devaient être évaluées par les autorités suisses et publiées sur le site de l'Office fédéral de la sécurité alimentaire et des affaires vétérinaires. Cette transparence n’est plus requise avec la révision de la législation. Dorénavant, la Suisse applique directement les décisions de l’UE, basées sur les documents des fabricants, et la liste des substances issues d’OGM n’est plus publiée malgré la demande de la FRC et de ses collègues.

La révision de la législation alimentaire aurait pu être l’occasion d’améliorer la transparence et l’information sur les OGM. Hélas, elle augment plutôt l’opacité au détriment des consommateurs. Cette déception ne va toutefois pas empêcher la FRC de se renseigner auprès du fabricant et des distributeurs lorsqu’un produit sensible contient l’une de ces substances.

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