Evénement

La FRC Vaud engagée pour une mode durable

5.12.2019, Laurence Remy, texte et photos / Un peu de patience et des doigts de fées: la potion magique des couturières bénévoles de la FRC Vaud.

L'antenne vaudoise de la FRC a coorganisé une journée de sensibilisation aux impacts de l’industrie textile sur l’environnement. Elle a donné des clés pour consommer de manière responsable. Un grand succès.

Le 30 novembre 2019, la FRC Vaud et la Coopérative romande à la sensibilisation des déchets (Cosedec) ont mis sur pied des expositions, des conférences, des ateliers et même un «shopping tour» à l’occasion d’une journée spéciale.

Pourquoi se concentrer sur le textile? Car il s’agit d’une industrie extrêmement polluante. Selon les chiffres avancés par la Cosedec, la fabrication d’un T-shirt nécessite 2700 litres, d’eau, 5 m2 de surface agricole, 25 traitements chimiques. Ce vêtement aura en outre parcouru une fois le tour du monde avant de finir dans notre armoire. Les grandes enseignes sortent jusqu’à douze collections par an, ce qui met la pression sur les consommateurs et diminue la durée de vie d’un vêtement. En effet, le style se démode très vite et la qualité de la confection diminue notablement.

Une consommation à outrance a des conséquences sur l’environnement, non seulement lors de la fabrication, mais aussi pendant la durée de vie du vêtement. Ainsi, 500 000 tonnes de microparticules de plastique dues aux fibres synthétiques finissent dans les océans. A chaque machine, ces microparticules se détachent du textile et se mélangent à l’eau de lavage. A cela, il faut également ajouter les conditions de production souvent déplorables pour les travailleurs.

Les dix commandements du dressing

Les organisateurs ont proposé un circuit des boutiques lausannoises respectueuses qui vendent des vêtements ou des chaussures éthiques ou de seconde main. Ces «shopping tours» ont tous affiché complet.

Un public nombreux s’est déplacé pour cette journée.

Autre temps fort de la journée, la présence de Mélanie Blanc, auteur de Fashion mais pas victime, édité en 2016 par la FRC. La bloggeuse vaudoise a passé une année entière sans acheter de vêtements ni d’accessoires. Difficile mais pas impossible lorsqu’on travaille à suivre les tendances du moment. Sans aller jusqu’à inciter chacun à suivre le même défi, elle recommande de se poser les questions suivantes avant tout achat: en ai-je vraiment besoin? Est-ce qu’un autre habit de mon armoire conviendrait? Quel label améliorerait l’impact d’un vêtement sur l’environnement? Puis-je le trouver dans un magasin de seconde main?

En outre, Mélanie Blanc livre avec humour et bon sens dix commandements pour se faciliter la vie:

  1. «Tes problèmes en premier lieu, tu listeras». De quoi ai-je besoin? De suivre la mode ou est-ce que j’estime que je n’ai plus rien à me mettre? Ai-je besoin d’une pièce précise?
  2. «Au tri, tu t’attèleras régulièrement». Avant de remplir le dressing, il importe de voir ce qu’il contient. Une étude montre que nous croyons porter les 80% de notre garde-robe, alors qu’il ne s’agit que du 20%.
  3. «Une vue d’ensemble du dressing tu auras».
  4. «Des photos de modèles petit à petit tu auras». Il s’agit ici de repérer les pièces qui font envie, parce qu’elles dégagent quelque chose qui plaît. Il ne s’agit pas de copier des looks, mais de se donner des idées (le principe du mood board).
  5. «Des «bonnes affaires» toujours tu te méfieras». Cela semble évident et pourtant, qui n’a jamais craqué pour ce petit manteau absolument inutile mais qui se présentait comme l’affaire du siècle.
  6. «Les virées shopping tu éviteras».
  7. «Des «c’est pas mal» tu te passeras» Cette expression qui signifie que quelque chose cloche. Il vaut mieux reposer l’article en rayon et prendre le temps de la réflexion.
  8. «Tes propres astuces, tu trouveras».
  9. «Des victoires, même les plus petites, tu te féliciteras». Chaque jour passé à résister est un succès en soi.
  10. «Parfaite, tu te rappelleras que jamais tu le seras». Alors inutile de vouloir ressembler à une célébrité.

Un bon entretien pour diminuer son impact

Pour bien choisir un vêtement, il faut bien se connaître. La conférence donnée par L’ARTelier de soi» a donné des repères sur les différentes silhouettes et l’art de les mettre en valeur. Parfois, il suffit de petites touches de couleurs bien placées ou d’un accessoire bien choisi pour donner à un style et construire un look.

Place ensuite à l’entretien pour assurer une longue vie aux vêtements et diminuer l’impact sur l’environnement. Primo, rien ne vaut une lecture attentive des étiquettes. Deuxio, l’entretien: en lavant son linge avec une température plus basse, 10° C en moins, l’impact diminue de 8%. Le séchage à l’air libre plutôt qu’en machine épargne encore 35% et se passer du repassage constitue  une baisse de 20%. Mis bout à bout, les chiffres sont non négligeables.

Il suffit parfois de peu de choses pour donner une nouvelle vie à un vêtement fatigué.

Parfois, les vêtements s’abîment ou se démodent. Pas questions de les jeter pour autant. Un peu d’upcycling permet de faire des miracles. Un bout de passementerie, un galon ou de nouveaux boutons offrent une seconde jeunesse à une veste. Démonstration immédiate sous les mains experte de Marjorie Balissat de l’Atelier Casaquin à Lausanne, également présente lors de cet événement.

Rien ne se perd

Un peu de patience et des doigts de fées: la potion magiques des fées couturières.

Les brillantes et sympathiques couturières bénévoles de la FRC ont apporter leur aide en mettant sur pied un Repair Couture. Elles ont donné un fier coup de main à cette jeune femme dont la robe au motif africain était trop grande pour elle. Des explications, beaucoup de patience et une finition experte plus tard, voici une robe tout à fait seyante. Même constat sur une combinaison-pantalon au tissu fluide. Les doigts de fées des bénévoles font des miracles.

Et quand il ne reste plus rien à faire pour sauver un vêtement, sa place n’est pas à la poubelle, mais dans une boîte de collecte ad hoc. Grâce à ces boîtes qu’on trouve partout sur l’espace public et dans les déchetteries, Texaid récolte en Suisse, environs 40 000 tonnes de textiles chaque année. Après un tri sévère, 65% est vendu dans des boutiques de seconde main, 5% est incinéré, 30% est à nouveau trié: la moitié servira de matière de rembourrage, l’autre moitié d’isolation thermique. Rien ne se perd, rien ne se créé, tout se transforme.

Une journée riches en apprentissage qui montre que derrière un simple T-shirt, il existe de nombreuses réalités et de nombreux acteurs qu’il peut être utile de connaître.

Devenez membre

Notre association tire sa force de ses membres

  • Vous obtenez l’accès à l’ensemble des prestations FRC
  • Vous recevez notre magazine FRC Mieux choisir
  • Vous pouvez compter sur notre équipe d’experts pour vous défendre
Devenez membre