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Edito – Juillet/Août 2018

3.7.2018

Les industriels ne nous veulent pas du bien

Sans sel, la vie ne vaut pas d’être vécue. Et ce n’est pas une vaine expression. A très faible dose, il est vital pour réguler certaines fonctions de l’organisme et régénérer les cellules. Mais le rapport que nous entretenons avec le sel est clairement déraisonnable. Les adultes en consomment en moyenne plus de 10 grammes par jour, essentiellement via les produits de la grande distribution. C’est cinq fois trop. Cette consommation excessive augmente d’autant les risques d’hypertension, de maladies cardiovasculaires ou d’infarctus du myocarde. On peut bien rappeler aux consommateurs qu’ils ne devraient pas mettre la main à la salière avant même d’avoir gouté, la vérité, c’est qu’ils devraient surtout pouvoir acheter des denrées mieux apprêtées.

Ce charmant tableau a poussé la Confédération à mettre sur pied il y a dix ans une Stratégie sel. But: déclencher une prise de conscience auprès des fabricants, qui le considèrent comme un ingrédient de base bon à tout faire, surtout à masquer les imperfections. Des valeurs cibles ont donc été déterminées pour certaines catégories de denrées: produits boulangers, à base de viande ou de pommes de terre, risotto, pâtes ou soupes prêts à l’emploi.

Pour vérifier les effets de ce programme, la FRC a mis sur pied son propre Observatoire. Elle y répertorie les préparations commercialisées sur le marché et suit l’évolution de leurs recettes au fil du temps. Alors, en dix ans, quels progrès avons-nous obtenus? Nous avons pointé 108 produits, répartis en 14 catégories distinctes. Seule la moitié a évolué positivement, ce n’est de loin pas suffisant. Une stratégie qui manque d’ambition et de moyens, une campagne de sensibilisation trop timide, une absence de mesures contraignantes: les raisons qui expliquent ce résultat en demi-teinte sont multiples.

On ne se laisse pas abattre, vous nous connaissez! Faute d’avoir une prise directe et musclée sur l’industrie agroalimentaire, l’espoir réside sans doute dans un registre annexe: l’étiquetage nutritionnel. Cette signalétique est entrée les moeurs sur la face arrière des emballages. Il est question désormais de la rendre plus visuelle et immédiatement compréhensible sur l’avant pour que chacun puisse déterminer en un coup d’oeil quels produits privilégier. Reste à choisir la bonne. C’est dans ce combat-là que vous pouvez jouer un rôle actif. Dans les jours et les semaines qui viennent, prenez le temps de répondre à notre sondage.

Nous faisons le pari que lorsque les rayonnages vireront au rouge parce que les aliments seront estampillés d’un code couleurs, les fabricants seront autrement contraints d’agir, et durablement. Enfin.

SOMMAIRE

04 | zoom
06 | actualité
06 | Plastique: Des solutions pour s’en passer
08 | Vie nomade: Découvrir le monde en bus aménagé
09 | Marché gris: La lutte contre Viagogo s’intensifie
10 | Bibliothèque: Un lieu qui s’est réinventé
11 | Festival: Poubelle, vestiaire ou gosier ?
12 | Observatoire du sel: Attentes déçues
16 | au quotidien
16 | Economie de partage: Plus près des cieux pour pas cher
17 | Guêpe: Gare à la Vespula !
17 | Cosmétiques: We made it !
18 | Jobs d’été: Les règles à respecter
19 | MediaMarkt: L’incroyable faux pas
20 | Images: Indétrônable, l’appareil photo
22 | Alimentation: Une app pour optimiser son assiette:L’emballage qui vous parle
23 | Testés pour nous
24 | planète frc: La réflexion de …
25 | Nos combats
26 | La FRC vous répond
28 | La FRC vous défend
29 | Dans votre région
30 | A vous la parole

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