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Edito – Mai 2018

1.5.2018, Laurence Julliard

Principe de précaution: pas touche!

Le coeur de l’Aloe vera est un cadeau de Dame Nature. Au point que certains vont jusqu’à le ranger parmi les élixirs de vie. La plante a du bon, oui. Le gel, qui se loge dans la feuille, a des propriétés reconnues depuis l’Antiquité pour soigner les petits bobos les plus divers. Aujourd’hui, il entre dans des compositions industrielles ou des recettes maison de tous types: alimentaires, cosmétiques, médicinales. Très populaire, l’Aloe vera jouit donc d’une réputation à toute épreuve à l’égard de la santé. C’est du moins ainsi qu’il est présent dans l’esprit des gens… Et ça se confirme sur internet comme dans bon nombre de publicités!

Mais l’Aloe vera contient aussi des substances, juste sous l’écorce, qui sont irritantes, voire toxiques pour l’organisme. Et dans le cas où l’extraction du gel ne serait pas réalisée dans des conditions optimales, l’homme subit des gênes plus ou moins intenses, douloureuses. Pis, il y a cinq ans de cela, les conclusions d’études menées sur des rats ont assombri le tableau. Les rongeurs, à qui on a fait boire de l’eau mélangée à des extraits de feuille entière, ont développé des tumeurs inhabituelles pour l’espèce dans l’intestin. Ces indications ont été jugées suffisantes pour que l’Aloe vera soit classé parmi les plantes cancérogènes possibles pour l’homme. Dont acte.

Voilà le consommateur face à un dilemme, un de plus. Comment profiter des bienfaits de cette plante grasse en étant parfaitement rassuré? Nous ne pouvons transiger sur la qualité d’un produit qui s’applique sur la peau ou, plus grave, qu’on mange. Qui garantit que le gel bénéfique pour la santé a été extrait dans les règles de l’art et que le fabricant n’a pas broyé toute la feuille? Qui assure qu’il n’y aura pas d’effet indésirable? Comment savoir, et c’est là le moindre mal, si l’Aloe vera ne sert pas que d’alibi marketing? Certains clients inquiets ou impuissants devant les produits manufacturés achètent alors une plante en pot, censée les prémunir contre tout danger. Mais les préparations maison ne résolvent pas tout, bien au contraire. D’autres inconnues guettent: les conditions de culture, la maîtrise des gestes…

Nous l’avions évoqué avec les huiles essentielles: ce n’est pas parce qu’ils sont naturels que les produits sont sans danger. S’improviser apprenti sorcier peut provoquer plus de méfaits que de bienfaits. Notre dossier fait la part belle aux conseils d’un médecin, d’un pharmacien et d’un botaniste pour une utilisation judicieuse dans le respect des limites. N’attendez pas de promesses inconsidérées de l’Aloe vera, il ne pourra pas les tenir.

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