Test : Croquettes pour chats

Lumière (enfin!) sur les gamelles

Aliments pour animaux

10.6.2021, Anne Onidi

A force de persévérance, la FRC a pu obtenir une méthode fiable pour traquer l’acrylamide dans les croquettes pour chats. Sur les dix produits analysés, un contient trop de cette substance cancérogène. Son taux devrait être limité dans les aliments pour animaux.



Trois ans et demi. C’est le temps qu’il aura fallu pour percer «le mystère de l’acrylamide dans les croquettes pour chats». L’acrylamide? C’est cette substance qui se forme lorsqu’un produit contenant de l’amidon est chauffé à haute température. On en trouve entre autres dans les frites, le café, les biscottes. C’est elle qui donne cette couleur ambrée et ce bon goût de grillé aux aliments. Mais derrière ces qualités sympathiques se cache une substance cancérogène dont il s’agit de limiter la consommation. Alors que le taux d’acrylamide est réglementé pour l’alimentation humaine, il ne l’est pas dans les produits destinés aux animaux. Or les croquettes contiennent des céréales ou des féculents et sont chauffées à haute température; elles doivent donc vraisemblablement cacher de l’acrylamide. Mais combien exactement? Et est-ce un problème? Ces questions somme toute simples, nous nous les sommes posées au début de l’année 2018. Les réponses, elles, se sont révélées autrement plus compliquées… et ont même joué au jeu du chat et de la souris (avec la FRC dans le rôle du chat).

Tableau comparatif en PDF

Jamais encore un test ne nous a autant accaparés. Nous avons acheté des dizaines de kilos de croquettes, dont les paquets entamés s’amoncellent dans le bureau. Nous avons même investi dans une machine à emballer sous vide pour conditionner les échantillons et les rendre le plus stables possible. Nous sommes passés cinq fois au laboratoire pour apporter différents lots de croquettes, avons envoyé des échantillons à l’étranger, eu d’innombrables échanges avec des chimistes, des fabricants, des journalistes, des propriétaires d’animaux, des vétérinaires… En bref, beaucoup de ressources mobilisées pour un seul test comparatif! Sauf qu’en réalité, il ne s’agissait pas là d’un test comme les autres. Plutôt d’une énigme dissimulée dans la gamelle. Après toutes ces années de rebondissements, certes, mais surtout de persévérance, la série prend fin et en voici l’ultime saison (quoique…). Enfin !

Du simple test au travail universitaire

En septembre 2020, soit deux ans et demi après avoir monté ce projet, nous ne savions toujours pas comment mesurer le taux d’acrylamide dans les croquettes, et ce malgré de nombreuses tentatives. Comme nous, le laboratoire que nous avions mandaté avait envie de comprendre le problème et de trouver une solution. Mais il fallait pour cela que quelqu’un se penche sur ces analyses sans compter son temps et investigue pas à pas. Le Directeur scientifique du laboratoire, par ailleurs enseignant à l’Université de Lausanne, dégage une piste: cette histoire de croquettes pourrait faire l’objet d’un travail de recherche. Contre toute attente, l’idée se concrétise rapidement: en novembre, un étudiant en chimie se lance dans un travail de Master portant sur la contamination des aliments à différentes phases de la production. Soit la culture (pesticides), la préparation (substances induites par le processus) et le conditionnement (migration des composants de l’emballage vers la nourriture). La contamination des croquettes par l’acrylamide est typiquement un problème survenant durant la préparation du produit. Trouver une méthode d’analyse fiable répond donc parfaitement au travail qu’il se propose de faire et aux questions que nous nous posons. Alléluia! Il s’attelle au travail, compare les deux méthodes qu’il a à disposition, soit celle du laboratoire et celle de Nestlé, et étudie la littérature scientifique. Petit à petit, son travail commence à porter ses fruits et il finit par cerner LA manière fiable de mesurer ce facétieux composant cancérogène. C’est cette méthode qu’a utilisée le laboratoire pour analyser les dix croquettes que nous lui avons confiées et dont les résultats sont présentés ici.

Mieux qu’en 2018

Les éprouvettes livrent donc véritablement leur verdict. Il s’avère que huit produits contiennent peu d’acrylamide et un légèrement plus, tout en restant en dessous de la limite de 300 microgrammes d’acrylamide par kilo de croquettes que nous avons fixée. Ce chiffre, nous l’avons puisé dans les réglementations pour l’alimentation humaine: 300 microgrammes par kilo, c’est le seuil fixé pour les «céréales» du petit-déjeuner. Point noir de notre test: les croquettes Harmony Adult dindon & foie, qui contiennent plus d’une fois et demie cette dose. C’est trop pour un aliment consommé parfois de manière exclusive. Informée de ces résultats, la société Qualipet, qui est la seule à commercialiser cette marque, n’a malheureusement pas répondu à notre courriel. Un cas de figure qui ressemble à ce que nous avions vécu il y a trois ans, où bon nombre de fabricants n’avaient pas pris la peine de commenter les résultats. Et où certains avaient simplement répondu que tout était en ordre, puisqu’il n’y avait aucune réglementation à suivre. Dommage, car en 2021, après quelques remous médiatiques et plusieurs discussions avec Nestlé Purina, l’un des leaders du secteur, le changement d’attitude général des fabricants est radical. Informés de nos derniers résultats, des responsables et vétérinaires de Royal Canin et Mars nous remercient et demandent des détails sur la méthode d’analyse développée. Hill’s nous écrit un courrier signé de l’un de ses managers, Nestlé se félicite de notre collaboration. Alors certes, les résultats que nous leur montrons cette année sont plus en leur faveur. Mais dans l’intervalle, il se pourrait bien que les fabricants, tout puissants et imposants qu’ils soient, aient réalisé que les consommateurs ont un œil critique sur ce qu’ils produisent. Les paroles ne suffisent plus, les propriétaires d’animaux de compagnie ont besoin de preuves.

Réglementation nécessaire

Des croquettes comme Harmony, il y en a forcément plusieurs sur le marché. Un marché gigantesque, saturé de marques et de références, toujours en pleine expansion. Evidemment, nous aimerions pouvoir les faire analyser toutes et publier la liste des variétés qui sont à laisser sur le rayon… Mais à ce stade, c’est aux producteurs de prendre le relais. Les fabricants décident eux-mêmes des réglementations qu’ils appliquent à leurs produits. A eux maintenant de faire en sorte que plus aucune croquette du marché ne contienne de l’acrylamide en excès. Il reste donc du chemin à faire. Peut-être après tout que cet épilogue n’en est pas vraiment un. Alors oui, ressortir ce dossier à intervalles réguliers durant ces trois ans et des poussières nous a coûté du temps et de l’énergie. Oui, nous en avons soupé, des croquettes! Malgré tout, ce long régime sec nous laisse surtout un arrière-goût… de victoire.

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Interpellation des grands distributeurs

 
Nous demandons aux distributeurs

  • cesser le marketing agressif sur les fraises, mais également sur d’autres denrées hors saison, que ce soit en rayon ou dans les différentes publications destinées à vos clients (catalogues, magazines, journaux, newsletter, etc.) ;
  • renoncer à disposer les fraises espagnoles aux endroits stratégiques de vos points de vente, à savoir en face de l’entrée, sur des ilots dédiés, ou en tête de gondoles ;
  • ne pas recourir à des mises en scène pour vendre la fraise hors saison (à savoir jusqu’en avril), en l’associant par exemple à de la crème et des tartelettes. Une demande valable aussi pour d’autres denrées, comme les asperges du Pérou associées à de la mayonnaise, viande séchée ou autre ;
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  • ne plus utiliser de formulations qui peuvent induire en erreur le consommateur sur la saison de la fraise en Suisse. Une demande valable pour la mise en rayon, ainsi que toute publication ;
  • être en mesure de prouver toute allégation de durabilité concernant l’assortiment.

Les dates de la tournée romande #Ramènetafraise

29.05.21Marché de Boudry (NE)
01.06.21Marché de Neuchâtel (NE)
02.06.21Marché de La Chaux-de-Fonds (NE)
04.06.21Marché de Fleurier (NE)
05.06.21Gare de Lausanne (VD)
12.06.21Gare de Genève (GE)
08.06.21Place fédérale (BE)
12.06.21Marché de Delémont (JU)
15.06.21Gare de Delémont (JU)
19.06.21Marché de Fribourg (FR)
27.09.21Festi’Terroir Genève (GE)
28.08.21Festi’Terroir Genève (GE)
28.08.21Objectif Terre Lausanne (VD)
29.08.21Festi’Terroir Genève (GE)
29.08.21Objectif Terre Lausanne (VD)
09.09.21Semaine du goût Sion (VS)
25.09.21Concours suisse des produits du terroir Courtemelon (JU)
26.09.21Concours suisse des produits du terroir Courtemelon (JU)
28.10.21Salon Goût et Terroirs Bulle (FR)
29.10.21Salon Goût et Terroirs Bulle (FR)
30.10.21Salon Goût et Terroirs Bulle (FR)
01.11.21Salon Goût et Terroirs Bulle (FR)