Consultations politiques : Transports

Faire payer les pendulaires, le Conseil fédéral s’y accroche

1.7.2016, Robin Eymann / nui7711 / Shutterstock.com

Taxer plus fortement les travailleurs qui n’ont le choix ni de leurs déplacements ni de leurs horaires? La FRC s’y oppose. Explications.



Quelque 3,9 millions de pendulaires par jour, soit 9 personnes actives sur 10. Tels sont les chiffres publiés à la fin juin 2016 par l’Office fédéral de la statistique. Pourtant, l’Etat prévoit de les taxer fortement. Le gouvernement maintient en effet son projet de faire payer un prix différent selon que l’on voyage aux heures de pointe ou aux heures creuses. Ce qu’on appelle la tarification de la mobilité (ou mobility pricing). La FRC s’était opposée à ce principe lors de la phase de consultation: elle estime simpliste et inefficace de se baser uniquement sur le prix de la mobilité pour réduire les pics d’affluence. Nul doute que ceux qui voyagent aux heures de pointe choisiraient volontiers d’éviter les bouchons ou les trains saturés s’ils en avaient l’opportunité. De surcroît, ce projet pénalise en premier lieu les bas revenus, ces derniers ne pouvant décider ni de leurs déplacements ni de leurs horaires.

Bien que le rapport du Conseil fédéral reconnaisse cet état de fait, le gouvernement va lancer des projets-pilotes dans plusieurs villes, dont Genève qui a annoncé son intérêt. Pour que ces tests puissent donner des résultats pertinents, les critères d’évaluation devront mesurer davantage que le seul impact sur la mobilité. La FRC estime indispensable d’intégrer les raisons de la mobilité et la répercussion de ces coûts sur le pouvoir d’achat des différentes couches de la population dans l’analyse.

Pour éviter l’appauvrissement des pendulaires à bas revenus, l’association plaide pour une logique de «bonus» aux heures creuses plutôt que de «malus» aux heures de pointe. Une incitation qui pourrait se traduire sur le même principe que les billets CFF dégriffés ou les abonnements à partir de 9h. La FRC se réjouit en revanche que certaines solutions alternatives qu’elle avait proposées aient été retenues. L’encouragement du télétravail et du covoiturage, l’adaptation des heures de travail ou de cours sont un premier pas. Au niveau de la route, une réflexion sur la vitesse, l’espacement entre véhicules ou l’utilisation des bandes d’arrêt d’urgence devrait aussi être menée. A plus long terme, la voiture autonome pourrait aussi constituer une partie de la solution. Les investissements consentis dans le rail doivent continuer afin, par exemple, d’allonger les gares et les trains.

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