Article : Hygiène

Choisir le bon dentifrice

3.5.2016, Lionel Cretegny – coll. Sandra Imsand / Une composition impeccable, voilà ce qu'on attend d'une pâte dentifrice. Shutterstock

Un sourire éclatant, tout droit sorti d’un tube. Mais il ne faut pas croire tout ce qui y est écrit. Treize produits sont passés dans l’éprouvette.



Le plus fidèle compagnon de l’hygiène buccodentaire n’est pas toujours sans reproche. Entre allégations mystérieuses, présence de perturbateurs endocriniens et pouvoir abrasif parfois impossible à estimer, difficile de déterminer quelle pâte saura prendre soin des quenottes efficacement et en toute sécurité. Nous avons passé au crible 13 dentifrices disponibles dans le commerce, afin de déterminer ce qu’ils ont dans le tube. Comme régulièrement, ce ne sont pas les marques les plus chères qui trustent les premières places.

Qu’il soit vendu dans les pharmacies, les parapharmacies ou les grandes surfaces, le dentifrice jouit d’un statut de cosmétique. Cela signifie qu’il n’a pas à faire la preuve de son efficacité avant la mise sur le marché. Seule obligation: garantir son innocuité et se conformer à une liste d’ingrédients autorisés ou interdits. C’est pourquoi les allégations qui fleurissent – «soins des gencives», «spécial dents sensibles» ou «antitartre» – ne reposent sur rien. Mieux vaut ne pas vous y fier.

Pourtant, des allégations non vérifiées ne signifient pas pour autant qu’une pâte ne soit pas efficace dans la prévention de la carie. C’est prouvé: se brosser les quenottes avec un dentifrice contenant du fluor est un bon moyen de prophylaxie. Les résultats sont déjà visibles à partir d’une teneur de 1000 ppm (ou partie par million), et l’efficacité augmente avec ce taux. La plupart des références sur le marché, et donc de notre panel, affichent entre 1000 et 1500 ppm; préférez-en un avec une haute teneur en fluor. Méfiez-vous toutefois de l’excès de fluor pour les petits (lire encadré).

Chapitre moins réjouissant, celui des perturbateurs endocriniens. Comme d’autres produits d’hygiène, le dentifrice est susceptible de renfermer des composés toxiques qui interfèrent avec notre système hormonal. Des substances à éviter autant que possible. En ce qui concerne le dentifrice, les perturbateurs endocriniens les plus répandus sont le propylparaben ainsi que le triclosan.

Ce dernier est doublement indésirable car il s’agit d’un antibactérien auquel les microbes pourraient devenir résistants. La marque Colgate est la seule à contenir encore cette substance, alors que nous l’avions déjà dénoncée il y a plusieurs années. Les articles Sensodyne et Elgydium ne sont pas sans reproche non plus, contenant, eux, du propylparaben. Des présences inacceptables pour des produits utilisés quotidiennement.

Dentifrice, fil dentaire, etc.

Le test s’est également penché sur les allergènes, notamment les parfums, et la présence de substances néfastes pour l’environnement. Là aussi, les dentifrices Colgate et Elgydium se font épingler.

Enfin, dernier critère observé: l’abrasivité. La grande majorité des dentifrices ont un pouvoir décapant. Cet effet est mesuré et exprimé par l’unité d’abrasion relative de la dentine (relative dentin abrasivity ou RDA). Plus le pouvoir abrasif est grand, meilleur sera le pouvoir nettoyant. Mais s’il est trop important, il peut provoquer des lésions de la dentine et de l’émail.

Selon la Clinique de médecine dentaire préventive, de parodontologie et de cariologie de l’Université de Zurich, la valeur RDA pour un usage quotidien et sans pathologie doit se situer en dessous de 80. Malheureusement, nous avons pu constater que de nombreuses marques ne divulguent pas cette information. Nous avons donc contacté le service clientèle de Gaba Suisse pour leur demander les valeurs d’abrasivité de leurs dentifrices (Colgate, Meridol, Elmex). Déception: ces valeurs sont considérées comme confidentielles. Pour un produit mis dans la bouche trois fois par jour, c’est une réponse qui manque de sérieux envers le consommateur. Cette absence de transparence a lourdement pénalisé neuf pâtes du classement.

Enfin, le dentifrice n’assure pas à lui tout seul l’hygiène buccodentaire. «C’est surtout l’action mécanique du brossage qui fait effet, plus que le produit», explique un médecin-dentiste vaudois. C’est pourquoi il recommande l’usage exclusif d’une brosse douce, qui ne blesse pas la gencive.

Notre test dentifrice

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