Institut de sondage

Une enquête peut en cacher une autre

Peut-on se soustraire à une étude téléphonique pour le compte de l’Office fédéral de la statistique? Oui… et non. Explications.
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Archive · 28 janvier 2014

Photo: shutterstock.com/rtbilder

«J’ai dénombré plus de 80 appels par un institut de sondage pour une enquête d’opinion par téléphone. J’en suis ulcéré et je refuse de répondre, tonne un de nos lecteurs. J’ai vérifié le numéro dans l’annuaire, il s’agit de Link, qui travaille pour le compte de l’Office fédéral de la statistique (OFS). Je ne comprends pas comment il a obtenu mes coordonnées: je ne figure dans aucun bottin, à dessein.» Se sentant harcelé, il a fait part de sa colère à la Permanence de la FRC, ainsi qu’à l’OFS.

«Chacune de nos enquêtes est annoncée au préalable par courrier, répond Markus Schwyn, chef de la Division population et formation. Nous y mettons les formes: nous donnons le nom de l’institut qui appellera, expliquons la démarche et garantissons que les informations obtenues resteront strictement confidentielles.» La loi, à ce propos, est claire: l’organisme mandaté n’a pas le droit d’utiliser les coordonnées du particulier à d’autres fins que celles de l’enquête. Elles doivent d’ailleurs être détruites une fois la collecte de données achevée.

Concernant l’utilisation de numéros non inscrits dans l’annuaire, l’OFS se fonde sur la Loi de la statistique qui lui permet d’utiliser tous les numéros de la téléphonie fixe de Suisse. «Les consommateurs qui douteraient de la confidentialité des données peuvent télécharger notre lettre-modèle et la faire parvenir à l’institut de sondage en question, ajoute Valérie Muster, responsable de la Permanence juridique de la FRC. Mais la demande concerne, de fait, la destruction de leurs données dans le cadre de sondages pour le compte d’entreprises.»

Il n’empêche, 80 appels en trois semaines, c’est fort, non? Un institut sous contrat est astreint à des contraintes horaires, du lundi au vendredi avant 20h45, et le samedi jusqu’à 19h30, tempère l’OFS. «La personne appelée, notamment si elle est peu chez elle, a la possibilité de fixer un rendez-vous à sa convenance avec l’enquêteur. Cette souplesse lui évite d’être importunée», explique Sylvie Regli Greub, cheffe de projet à l’OFS.

Répondre, un geste citoyen

Les coordonnées des ménages participant à une enquête sont tirées au sort. Elles émanent du Registre de la population, qui recense toutes les personnes du ménage. Le fait d’apposer un astérisque à son numéro ou d’être sur ligne rouge n’y change rien. «La forte augmentation des appels indésirables est évidemment problématique, dit encore Sylvie Regli Greub, car tout le monde ne perçoit pas la différence entre nos appels et ceux d’autres types de sondages.» Et de rappeler que l’OFS se doit de remplir le mandat fixé par la Confédération, à savoir cartographier la Suisse sous tous ses aspects sociaux, économiques, culturels, etc., pour les comprendre et les comparer avec des données internationales.

«Sans le concours des ménages, ce travail serait impossible: il s’agit d’un geste citoyen, les gens n’auront rien à acheter au final. Seule la participation au relevé structurel (anciennement le recensement de la population, ndlr) est obligatoire et soumise à des frais administratifs pour les réfractaires. Les autres enquêtes destinées aux ménages sont facultatives.

Enfin, les détenteurs d’un appareil Katia, qui fitre les appels indésirables, peuvent être rassurés: ils peuvent toujours s’adresser à la société Yoocos pour débloquer un numéro ou, d’ici l’été prochain, faire figurer les numéros pour le compte de l’OFS sur une Fair-List.

Lettre-modèle à l’attention des instituts de sondage pour faire radier ses coordonnées

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