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Plus j’hésite, plus je paie ?

Fixer le prix d’un billet d’avion selon le comportement de l’internaute: la pratique, nommée IP Tracking, alimente les fantasmes. Même si elle n’est pas avérée.
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Archive · 03 septembre 2013

L’IP Tracking est l’exemple extrême du problème du ciblage sur le web. Photo: auremar/shutterstock.com

Mise à jour: le 20 mai 2018, Le Matin Dimanche annonce avoir pu prouver la pratique.

L’internaute surfe sur les offres. Billets d’avion, de train ou chambres d’hôtel, il hésite à passer commande. Après réflexion, il retourne sur le site, et le prix a augmenté. Voilà en théorie le fonctionnement de l’IP Tracking: la coupable, c’est l’adresse IP, l’identifiant unique d’un ordinateur sur internet. Certains sites – les soupçons pèsent notamment sur EasyJet et la SNCF – conserveraient ces adresses IP, reconnaîtraient les internautes récidivistes et augmenteraient subtilement les prix, induisant un réflexe consumériste.

La question de l’anonymat se pose avec acuité. Notamment face aux groupes comme Google ou Facebook, qui analysent le comportement des internautes et les inondent de publicité ciblée. Un problème global dont l’IP Tracking serait un des exemples les plus extrêmes. Si la pratique était confirmée…

Dans l’attente des résultats

Les avis sont assez contrastés. Alexis Roussel, vice-président du Parti Pirate Suisse, appelle à la prudence face à ces ouï-dire. «S’agit-il d’une légende urbaine ou d’une réalité? Ces pratiques ne sont pas impossibles, mais il n’y a aucune véritable preuve.» Selon lui, si l’IP Tracking existait, ce serait un comportement abusif et malhonnête des entreprises, une volonté de tromper le client qui devrait être punie.

D’autres sont plus affirmatifs quant à l’existence de l’IP Tracking, tout en nuançant sa portée. «Il est très difficile de distinguer des politiques de prix qui se différencient au fur et à mesure du remplissage d’un avion de celles qui consistent à faire varier le prix pour un seul et même consommateur en fonction de ses connexions», relève Yves Flückiger. Le professeur d’économie politique à l’Université de Genève ajoute que les entreprises pratiquant cette politique doivent avoir un profil particulier: détenir une position dominante sur le marché et avoir un produit qui ne soit pas substituable trop facilement.

Enquête en cours en France

Blaise Reymondin, conseiller en marketing digital, renchérit: de telles sociétés sont soit seules sur un marché (par exemple les seules à proposer une liaison aérienne), soit elles s’entendent sur les prix et pratiquent l’IP Tracking en commun. Dans un secteur très concurrentiel comme l’e-commerce, cela ne serait pas possible. Restent les ventes de billets d’avion, de train, les hôtels ou encore les billetteries. L’adaptation du prix à la minute est devenue naturelle et ne choque plus, ce qui faciliterait ces pratiques douteuses.

En France, la Commission nationale de l’informatique et des libertés enquête pour dissiper le nuage de fumée entourant l’IP Tracking. Si la pratique est avérée, cela posera la question de la loyauté de la collecte des données, l’adresse IP étant assimilée à une donnée personnelle. Les conclusions de  l’enquête sont attendues sous peu.

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