No 41: Septembre 2011
30.08.2011
L’édito d’Elisabeth Kim rédactrice en chef
L’enfant, un consommateur comme les autres?
Il aura fallu des siècles pour que les bambins soient considérés comme des personnes ayant des droits à part entière, et quelques décennies à peine pour que ce petit consommateur en herbe soit érigé en cible privilégiée des as du marketing… A cela rien d’étonnant. L’art de vendre sait parfaitement s’accommoder des évolutions socio-économiques: après les hommes et les femmes, quoi de plus normal que vouloir combler les desiderata commerciaux des enfants? D’autant que le “pouvoir d’achat” en culottes courtes semble monter en puissance.
Selon une étude belge, 9 jeunes sur 10 accompagnant leurs parents au supermarché choisissent les denrées alimentaires ou les placent spontanément dans le caddie. Et on s’en doute: ce ne sont pas les fruits et les légumes qui récoltent leurs suffrages en priorité! Bien sûr, rien ne remplace la bonne vieille éducation. Mais les parents ont beau user de leur droit de veto, celui-ci finit par s’émousser face à une offre agroalimentaire trop salée, trop sucrée ou trop grasse devenue gargantuesque.
Ainsi, selon notre grande enquête de ce numéro de septembre, sur environ 1200 références s’adressant aux enfants dans les rayons des grandes surfaces, seuls 200 articles peuvent être considérés comme de la nourriture équilibrée. Au lieu de grandes déclarations d’intention, fabricants et distributeurs feraient mieux de consacrer ce budget promotionnel politiquement correct à développer une alimentation tout aussi attractive mais saine pour les petits.
Autre préoccupation largement relayée dans ce FRC Magazine: la chute de l’euro face au franc, pour le plus grand bénéfice… des intermédiaires en Suisse. que ce soit pour de gros achats comme l’acquisition d’une voiture neuve, qui pèse lourd dans le budget d’un ménage, ou simplement du shopping, les exemples de prix importés surfaits abondent et fâchent les consommateurs (notre dossier sur le vif). Cet été, mondes politique et économique ont enfin commencé à retrousser leurs manches. Un début. Mais la disparité des devises n’est que la pointe de l’iceberg, ne faisant qu’exacerber une vieille problématique. A savoir que les Helvètes, sous prétexte d’un niveau de vie élevé, restent encore et toujours les vaches à lait du Vieux-Continent.
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