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Le cash se réinvite dans le débat public

Le numérique a élargi les moyens de paiement, mais reste un écueil pour certains. Le liquide, lui, garantit à chacun un moyen simple, accessible et sans smartphone.
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Archive · 15 septembre 2021

Il aura fallu le lancement de l’initiative populaire «Oui à une monnaie suisse libre et indépendante sous forme de pièces ou de billets (l’argent liquide, c’est la liberté)» pour que le débat autour du cash soit relancé. Ce texte, bien que maladroit aux yeux de la FRC, soulève des éléments importants pour l’intérêt du consommateur. Car garantir un moyen de paiement simple, accessible sans smartphone, ni traces numériques, ni frais, fait pleinement sens.

Protection des données dans la ligne de mire

Rappelons-le, la part du cash dans les transactions s’érode. En Suisse, elle s’est effondrée en trois ans, passant de 70 à 43%. Les opérations aux automates à billets ont aussi reculé de près d’un quart en 2020. Le principe de précaution a en effet propulsé l’attractivité du «sans contact» au bénéfice de solutions numériques. Outre la technologie NFC des cartes de débit ou crédit, l’application Twint revendique plus de 3 millions d’utilisateurs. Autres acteurs de ce changement: les néo-banques et les offres de digital banking dont l’attrait est de proposer des frais de gestion plus bas.

Malgré les avantages pratiques des solutions dites cashless, les risques liés à la protection des données sont réels. Plus de 1,75 million de transactions sont effectuées chaque mois sur un smartphone. Toutes sont enregistrées et produisent des informations qui sont conservées dans des conditions opaques, sans grande possibilité de contrôle pour le particulier.

En plus de la multiplication des solutions de paiement domestiques, les applications proposées par Google, Apple, Facebook ou Samsung commencent à s’imposer à l’international, questionnant aussi à terme notre niveau d’indépendance vis-à-vis des géants de la tech. Certaines cryptomonnaies peuvent apporter une partie de réponse à ces questions, mais il reste que le cash apporte une solution prosaïque et efficace. Il rend possible le fait de consommer sans laisser de traces digitales ou en minimisant la collecte et l’utilisation, a posteriori, par des tiers des données produites lors des transactions.

Quid de l’intérêt du consommateur?

Nonobstant l’initiative qui vient d’être lancée, une motion déposée en 2020 par Jean-Luc Addor (UDC/VD) au Conseil national propose d’ancrer le droit de payer en espèces dans la Constitution. Une telle mesure serait intéressante du point de vue du consommateur. Cependant, son acceptation limiterait la liberté contractuelle en vigueur aujourd’hui. L’obligation d’accepter en paiement les pièces et les billets de banque suisses est en effet une règle de droit dispositif (non obligatoire), les deux parties contractantes peuvent donc y déroger d’un commun accord.

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