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OGM: la FRC prône la sécurité avant tout
05.02.2013

Photo: shutterstock.com/Orla

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Les applications du génie génétique sont multiples, de la production de substances thérapeutiques (par exemple l’insuline) aux enzymes, vitamines et plantes transgéniques en agriculture. Les OGM peuvent être confinés en système fermé ou disséminés dans l’environnement. Dans certains cas, l’homme se retrouve en contact direct avec le matériel génétiquement modifié. D’une situation à l’autre, les enjeux diffèrent, et les avantages potentiels de cette technologie sont également très inégaux. La production d’insuline par génie génétique remplace ainsi favorablement celle issue de porcs et de bovins. En revanche, les bénéfices des applications agricoles et alimentaires sont loin d’être évidents pour les consommateurs. Face au génie génétique, la FRC défend donc les principes de sécurité – santé des consommateurs et préservation de l’environnement – et de liberté de choix des consommateurs.

La sécurité implique que les OGM soient autorisés seulement s’ils sont sûrs pour la santé. Mi-septembre 2012, l’étude toxicologique menée par l’équipe du biologiste Gilles-Eric Séralini a mis en évidence les lacunes des procédures actuelles d’évaluation des OGM. Cette étude est la plus longue réalisée dans ce domaine et ses résultats prouvent la nécessité de revoir les procédures d’évaluation. En effet les groupes de rats nourris avec du maïs transgénique pendant deux ans présentaient plus de tumeurs et de dommages que le groupe de contrôle. Cette étude a été très critiquée au sein de la communauté scientifique. Certaines des critiques sont fondées, notamment le faible nombre de rats utilisés. Néanmoins même si cette étude ne permet pas de démontrer clairement la nocivité d’une alimentation tout OGM sur le long terme, elle met clairement en évidence le fait que les procédures actuelles d’autorisation se fondent sur des études d’une durée de 90 jours, qui ne permettent pas non plus de démontrer clairement l’innocuité à long terme des OGM.

C’est pourquoi la FRC, dans le cadre de sa participation à la coordination romande sur le génie génétique (www.stopogm.ch) demande que les procédures d’autorisations soient revues. Selon Luigi d’Andrea, chargé d’affaires à StopOGM, «une demande de révision des procédures d’autorisation sera prochainement adressée à Alain Berset afin d’interpeller les autorités sur ces problèmes d’évaluation des risques, notamment à long terme». Les organisations européennes de consommateurs, réunies au sein du BEUC, font également pression sur l’Agence européenne de sécurité alimentaire (AESA) pour qu’elle conduise des études à long terme. L’agence a annoncé être à la recherche de financements dans ce but.

Quant à la liberté de choix, elle nécessite que l’information et le choix soient disponibles pour le consommateur. La séparation des filières doit être garantie avec un taux minimum de contamination. L’étiquetage permet ensuite de distinguer clairement les produits contenant des OGM. Si la situation est satisfaisante pour les aliments d’origine végétale, elle est lacunaire pour les produits animaux. La FRC s’engage ces prochains mois pour obtenir une déclaration «nourri sans OGM». Une autre grande lacune concerne l’étiquetage des produits en coton. N’étant pas des denrées alimentaires, aucune obligation n’est prévue pour ce produit dont 82% provient de cultures transgéniques. Seuls les labels de coton, notamment bio, garantissent l’absence de coton transgénique.

Enfin, le moratoire sur les cultures prolongé jusqu’en décembre 2017 par le Parlement doit être l’occasion d’analyser le rapport entre les coûts et les risques d’une part, et les avantages d’autres part, des OGM dans l’agriculture. La FRC estime également nécessaire de réfléchir à la notion de liberté de choix. Cette liberté doit-elle être conçue comme étant une liberté uniquement individuelle ou peut-elle être le fruit d’un choix collectif et impliquer par exemple un renoncement définitif de l’agriculture suisse aux OGM si les bénéfices globaux d’un tel choix sont démontrés pour l’agriculture et pour les consommateurs?

Aline Clerc