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La pile à l’eau à l’épreuve du feu
21.11.2013

Aquacell débarque en Suisse en première mondiale. La pile, qui s'active une fois plongée dans l'eau, se revendique championne de l'écologie. Quelques questions en suspens.

Photo DR

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Article modifié le 10.12.2013

L’invention a droit à une double page dans Le Matin du jour: « Une pile qui fonctionne à l’eau », autrement dit qui s’active une fois plongée dans l’eau. Ce tour de « magie » relève d’une simple réaction chimique: « Au contact de l’eau, les ions positifs et négatifs se rencontrent et il se produit une électrolyse », explique un des actionnaires de la société Aquacell. Au bout de cinq minutes d’immersion, la pile est chargée et prête à être enfournée dans un radio-réveil, une lampe de poche ou tout autre objet de basse ou moyenne consommation.

La pile Aquacell se revendique « écolo », puisqu’elle ne contient aucun « métal lourd ». C’est une feuille de zinc (sic) de 1,6 gramme, qui permet la réaction chimique, ainsi que des « poudres organiques non toxiques ». Ses promoteurs estiment qu’elle peut être « recyclée et valorisée à hauteur de 85% » (contre 50% pour une pile alcaline).

Ecolo, Aquacell est aussi baroudeuse, adaptée au « marché de l’urgence »: non activée, elle peut se conserver indéfiniment, contre 6 à 7 ans pour une pile ordinaire (celles-ci sont pré-chargées et se déchargent si on les conserve trop longtemps). Cette durée de vie indéfinie est « pratique pour les aventuriers », lance Le Matin. D’autant que tout produit à base d’eau – eau de mer, neige fondue, voire urine – peut déclencher la réaction.

Nous n’en sommes pas encore là. Mais en attendant, que penser d’Aquacell? Fabriquée en Chine, la pile sera lancée en Suisse dans quelques jours, en première mondiale.

La FRC accueille cette innovation avec intérêt. Tout en mettant quelques points sur les « i »:

  • Aquacell n’est pas une pile rechargeable (c’est-à-dire une batterie comme l’écrit Le Matin à plusieurs reprises); activable à l’eau, elle n’est utilisable qu’une fois
  • Selon ses promoteurs, la pile à l’eau se recycle mieux que les autres (85% de matériaux recyclables contre 50%). Mais la question est : peut-elle être recyclée dans le système suisse de recyclage des piles ?
  • La composition de la pile n’est pas connue. L’article du Matin indique qu’elle ne contient pas de métal lourd; or ce concept n’est pas défini très précisément. Le zinc, présent dans la pile, est souvent considéré comme un métal lourd.

Pour ces raisons, la question de savoir si la pile à l’eau est plus écologique que les batteries rechargeables reste ouverte. Une réponse claire nécessiterait une comparaison plus poussée. La FRC étudiera la pertinence d’inclure cette pile lors d’un prochain test.

Voir aussi l’émission Nouvo du 6 décembre:

N.B./A.C.

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