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Alerte aux alarmes
03.02.2011

Insécurité sécuritaire Les personnes âgées sont menacées, notamment si elles cèdent à ceux qui leur vendent une protection!

article paru dans Vigousse du 28 janvier 2011, rédigé par Alinda Dufey

Août 2009: Chantal, 71 ans et en chaise roulante, ouvre gentiment sa porte à un démarcheur de la société AMB security video solution. Une heure durant, l’individu lui expose tous les dangers de la ville (elle vit à Pully !). Il énumère de nombreux exemples de vols et de violences commis dans l’arc lémanique, bien évidemment sans omettre les détails les plus glauques, scabreux et terrifiants. Pour bien faire, il achève de la terroriser en narrant les horreurs perpétrées par les cambrioleurs surpris en pleine action, qui  » massacrent  » la per-sonne qui les prend la main dans le sac.

Il n’en faut pas plus pour convaincre une femme âgée et handicapée, qui vit seule et au rez- de-chaussée, de faire installer un système de sécurité. D’autant que Chantal a malencontreusement compris que ça ne coûtait rien. L’instaIlation, en effet, n’est pas facturée; c’est pour ça que sur le pas de la porte le représentant a dit « gratuit »… Mais ensuite, il y a une petite mensualité à payer. Chantal signe ainsi pour un contrat de… 5 ans, à 85 francs par mois !

Début 2011, la santé de Chantal se dégrade; elle doit partir vivre en EMS. Par courrier recommandé, elle annule son contrat avec AMB security, basée à Vernier. Réponse de l’entreprise:  » Le contrat qui nous lie prévoit que toute résiliation anticipée de celui-ci implique le versement d’une peine conventionnelle correspondant à la somme des mensualités restant dues jusqu’à la fin du contrat.  » En d’autres termes, Chantal a signé un contrat  » indivisible  » et bien qu’elle quitte son logis, elle doit payer les 42 mois restants, soit la modique somme de 3570 francs.

Chantal tente bien de faire recours, mais il semble hélas que le contrat soit béton. Ce qui est nettement plus discutable, ce sont les circonstances dans lesquelles il a été conclu… Mais effrayer une personne âgée, seule et malade, jusqu’à lui extorquer sa signature pour un contrat de 60 mois, c’est sans doute logique pour une société spécialisée dans la protection des plus faibles.

A la permanence FRC, bon nombre de cas similaire nous ont été relatés et pas seulement avec l’entreprise citée, comme en témoigne l’exemple publié sur notre site et dans notre magazine donc prudence avant de vous engager dans un tel contrat.